À Nairobi, devant un parterre de chefs d'État, d'investisseurs et de dirigeants économiques internationaux, le milliardaire et philanthrope nigérian Tony Elumelu a livré un plaidoyer sans détours pour une nouvelle relation entre l'Afrique et ses partenaires internationaux. À l'occasion de l'édition 2026 du Africa Forward Summit, coorganisée par William Ruto et Emmanuel Macron, le fondateur de Heirs Holdings a défendu une vision offensive du développement africain, fondée sur l'investissement, les infrastructures et l'autonomisation de la jeunesse.
« L'Afrique recherche des partenaires engagés, et non des relations fondées sur l'assistanat », a lancé Tony Elumelu, dans un discours qui a rapidement résonné comme l'un des temps forts de l'édition 2026 du AFRICA FORWARD SUMMIT, à Nairobi (Kenya), organisée conjointement par le président kényan William RUTO et le président français Emmanuel MACRON.
Pour l'homme d'affaires nigérian, le continent doit désormais sortir des schémas classiques de dépendance à l'aide internationale et miser davantage sur la création d'un environnement favorable à l'investissement privé. Deux priorités s'imposent selon lui : l'accès à l'électricité et le développement massif des infrastructures.
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Électricité et infrastructures : les deux urgences africaines
Dans une Afrique confrontée à une forte pression démographique et à des besoins croissants en industrialisation, Tony Elumelu estime que la question énergétique reste le principal verrou du développement économique.
« Le secteur privé est le moteur qui permettra de mobiliser les financements indispensables aux investissements dans les infrastructures et l'électricité », a-t-il affirmé, insistant sur le rôle central des capitaux privés dans la transformation économique du continent.
Le patron de Heirs Holdings, un groupe d'investissement panafricain de premier plan, considère que l'amélioration du climat des affaires constitue également une condition essentielle pour stimuler l'emploi, réduire la pauvreté et attirer davantage d'investissements internationaux.
Son intervention intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à accélérer leurs programmes d'électrification, tout en faisant face à d'importants déficits en infrastructures de transport, de logistique et de connectivité numérique.
Une vision
Tony Elumelu a également centré son intervention sur la question de la jeunesse africaine, dans un continent où plus de 65 % de la population a moins de 35 ans.
Refusant toute approche victimaire, il a plaidé pour une stratégie fondée sur les opportunités économiques, l'accès au numérique et l'entrepreneuriat.
« Notre jeunesse n'a pas besoin d'assistanat ; elle a besoin d'emplois, d'électricité, d'Internet et d'un environnement qui lui permette de réaliser pleinement son potentiel », a-t-il déclaré.
À travers la Tony Elumelu Foundation, l'entrepreneur affirme déjà cette vision. Selon les chiffres communiqués lors du sommet, la fondation a formé plus de 2,5 millions de jeunes Africains et financé plus de 27 000 entrepreneurs dans les 54 pays du continent.
Plaidoyer pour une nouvelle doctrine économique
Au-delà des investissements, le discours de Tony Elumelu traduit une volonté plus large : repositionner l'Afrique comme acteur économique à part entière dans les relations internationales.
Pour lui, le XXIe siècle doit marquer la fin des rapports déséquilibrés entre l'Afrique et ses partenaires extérieurs. Le continent, soutient-il, ne cherche plus seulement des bailleurs, mais des partenaires capables de construire une prospérité partagée.
Cette vision s'inscrit dans la doctrine de « l'Africapitalisme », concept développé par Heirs Holdings, selon lequel le secteur privé africain doit devenir le principal moteur de création de richesse et de transformation sociale sur le continent.
Présent dans plusieurs secteurs stratégiques (énergie, finance, santé, technologies ou hôtellerie), Heirs Holdings poursuit une stratégie d'investissement de long terme à travers l'Afrique.
L'édition 2026 du Africa Forward Summit s'est achevée sur des appels renouvelés à une coopération plus équilibrée entre États, institutions de développement et secteur privé, dans un contexte où l'Afrique cherche à consolider sa place dans l'économie mondiale.