Dans le Cabo Delgado, cette région au nord du Mozambique qui subit depuis près de dix ans le conflit qui oppose les Shebabs, le conflit génère une grande insécurité alimentaire, alors que le Cabo Delgado est aussi une région très agricole.
Ulensa Issa Onga vit aujourd'hui dans la ville de Mocimboa da Praia, après avoir fui l'attaque de son village, Cabaceiro. Ulensa est agricultrice. Sur quelques hectares, elle cultivait le riz et le manioc, mais n'est pas retournée dans son champ depuis l'attaque. « J'ai peur, à cause des hommes armés. Mon champ est loin et tout le monde a fui cette zone. Mais comme je ne cultive pas, ma famille n'a rien à manger. Les prix ont augmenté. Le sac de riz coûte aujourd'hui plus de 1 000 meticais, [soit plus de 13 euros]. »
« À chaque fois que je pars cultiver, j'ai peur »
Shute Njojo vient du même village, mais continue d'aller cultiver, quand il le peut. En plus de l'insécurité, il doit aussi affronter le changement climatique : « Là-bas, le champ ne donne rien. Il y a trop de soleil, tout brûle. Je n'en tire aucune nourriture et dois aller en acheter au marché. À chaque fois que je pars cultiver, j'ai peur. Mais il faut bien manger. Alors je continue, je n'ai jamais abandonné mon champ. »
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Lors de leurs attaques, les Shebabs pillent. Eduardo Caponde, du Noyau pour le développement communautaire du Cabo Delgado (Nudec), décrit une stratégie de harcèlement : « Durant la saison des pluies, les communautés sèment. Alors, les hommes armés n'attaquent pas. Mais dès que la terre donne des cultures, ils attaquent. Le Cabo Delgado manque de nourriture. On vit une situation terrible. Une situation de faim. »
Selon les Nations unies, dans le Cabo Delgado, plus de 1 600 personnes ont dû fuir leur village, rien qu'au mois d'avril.