Deuxième jour d'audience, mercredi 21 mai, devant la CPI pour Khalid Al-Hishri, ex-responsable du quartier des femmes de la prison de Mitiga, en Libye. Suspecté de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre entre 2014 et 2020, il comparaît à La Haye, où l'accusation, qui veut son renvoi en procès, détaille notamment des faits de viols, tortures, persécutions et esclavage visant des détenus, dont des migrants.
Au second jour d'audience, la Cour était plongée dans toute l'horreur de la prison de Mitiga.
La substitut du procureur a décrit aux trois juges les violences sexuelles infligées aux détenus. Les témoins qu'évoque la procureure ici sont désignés par des pseudonymes.
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« P439, victime d'un viol anal par son tortionnaire, s'est entendu dire, et je cite : "Tu seras sous la coupe de la Rada toute ta vie.", commence Dianne Luping. Les agresseurs ont délibérément ciblé et attaqué les parties génitales, l'anus et les fesses, en proférant des insultes sexistes et d'autres formes de contrôle corporel visant à dévaloriser, émasculer, dénigrer et contrôler les hommes et les garçons. Ils ont également commis des agressions similaires contre des femmes et des filles, s'attaquant notamment à leurs seins. Certains agresseurs, dont Khalid al-Hishri, sont allés jusqu'à éjaculer sur elles. Tous ces comportements visaient à contrôler, subjuguer, dénigrer et renforcer les hiérarchies de genre imposées aux femmes et aux filles. »
Même les enfants
Selon la procureure, même les enfants détenus dans le centre pénitentiaire de Mitiga ont subi des violences sexuelles : « F3029 a été violée à plusieurs reprises par des chefs, dont al-Hishri. Tombée enceinte, elle a été emmenée par al-Hishri dans une clinique où elle a été forcée d'avorter et où son utérus a été retiré. »
La parole est désormais à la défense. Jeudi soir, les juges se retireront pour délibérer. Décision prévue dans deux mois.