Le différend foncier autour de l'île de Motobé connaît un nouveau développement. L'Association des Propriétaires Terriens de l'Île de Motobé (APTIM), après avoir récemment dénoncé une occupation qu'elle juge illégale, a annoncé avoir obtenu une attestation de plumitif à la suite de ses démarches judiciaires.
Dans un contexte marqué par des tensions foncières persistantes, l'Aptim était sortie de son silence pour réagir aux déclarations du nommé Akpalé. L'organisation avait alors évoqué de « graves irrégularités », affirmant disposer de décisions judiciaires en sa faveur. Elle avait également interpellé l'opinion publique sur la nécessité de faire la lumière sur certains titres fonciers qualifiés de « contestables ».
Au coeur de ce litige se trouve une confusion que l'association juge importante de dissiper. En effet, selon l'Aptim, il convient de distinguer clairement le village de Motobé situé dans la sous-préfecture d'Ogwolapo, département d'Alépé de l'île de Motobé. Cette dernière, d'une superficie de plus de 12,9 km², est localisée entre le fleuve Comoé et la lagune Ébrié.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
L'association rappelle que l'île de Motobé relève historiquement et coutumièrement de la communauté Abouré de Moossou. Les membres de cette communauté, ainsi que leurs ayants droit, sont regroupés au sein de l'Aptim, qui se présente comme la structure légitime de défense de leurs intérêts fonciers.
Pour l'organisation, les éventuelles modifications administratives ne sauraient remettre en cause les droits coutumiers et fonciers de cette communauté. Elle insiste sur le caractère inaliénable de ces droits, qu'elle considère comme reconnus par les usages, la tradition et, selon elle, par plusieurs décisions judiciaires.
C'est dans ce contexte que l'Aptim indique avoir obtenu une attestation de plumitif, document judiciaire qui vient consigner les actions engagées et les suites données à ses plaintes. Pour l'association, cette avancée constitue une étape importante dans la reconnaissance de ses droits et dans la clarification du statut foncier de l'île.
Toutefois, cette évolution ne met pas encore un terme au litige. L'Aptim appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de transparence et de sécurisation foncière afin d'éviter une escalade des tensions. Elle invite également toutes les parties impliquées à privilégier le dialogue et le respect des décisions de justice.
En attendant une issue définitive, la question foncière à Motobé demeure sensible, illustrant une fois de plus les défis liés à la coexistence entre droits coutumiers et cadre administratif moderne en Côte d'Ivoire.