Le projet d'aménagement de la sebkha de Ben Ghayadha, situé dans le gouvernorat de Mahdia, a été officiellement présenté au Palais des expositions du Kram à l'occasion du Salon international du bâtiment et de la construction "Carthage 2026". Cette présentation marque le lancement de la première phase de valorisation nationale d'un projet considéré comme l'un des futurs pôles urbains, touristiques et économiques structurants du littoral tunisien.
Inscrit dans le cadre du dispositif national de suivi des projets bloqués relevant de la Présidence du gouvernement, le projet Ben Ghayadha s'intègre dans une stratégie plus large de transformation des zones à fort potentiel en espaces urbains modernes, durables et attractifs pour l'investissement. Il repose sur une logique de partenariat public-privé visant à associer l'État et les investisseurs dans la réalisation de projets structurants.
Selon Atef Majdoub, président de l'Instance générale des partenariats public-privé (IGPPP), cette étape constitue une phase essentielle dans la structuration du projet. Elle vise à assurer sa visibilité au niveau national avant une ouverture progressive vers les investisseurs internationaux. Le choix du Salon Carthage 2026 s'explique aussi par la forte présence d'acteurs du secteur du bâtiment, de l'immobilier, de l'aménagement urbain et du tourisme, considérés comme des partenaires clés pour la réussite du projet.
Une première phase nationale axée sur l'intégration des investisseurs tunisiens
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Dans le même sillage, Atef Majdoub a souligné que la stratégie adoptée repose dans un premier temps sur la mobilisation des investisseurs tunisiens. "Cette orientation vise à renforcer l'intégration locale du projet et à garantir une participation active des entreprises nationales dans les différentes composantes de sa mise en oeuvre, notamment les travaux publics, la promotion immobilière, les infrastructures et les services liés au développement touristique", a-t-il expliqué.
A cet égard, plusieurs réunions bilatérales ont été organisées avec des entreprises et groupes tunisiens spécialisés dans ces secteurs. Ces échanges ont permis de présenter les contours du projet, d'explorer les opportunités d'investissement et de recueillir un intérêt jugé significatif de la part des opérateurs économiques locaux.
Parallèlement, ces consultations ont pour objectif de mieux comprendre les attentes du marché et de définir les conditions techniques et économiques du futur appel d'offres, notamment en ce qui concerne le niveau d'intégration locale et les modalités de participation des investisseurs étrangers ou stratégiques.
Dans ce cadre, le directeur de l'assistance technique au gouvernement tunisien chargé du projet Ben Ghayadha, Borhene Dhaouadi, a précisé que cette phase permet d'identifier les contraintes potentielles, qu'elles soient techniques, financières ou réglementaires, afin de les intégrer dans la préparation du cahier des charges final. L'objectif est de garantir un processus transparent, compétitif et conforme aux standards internationaux des partenariats public-privé.
Le lancement de l'appel d'offres est prévu au cours du troisième trimestre de l'année en cours. Il permettra de sélectionner l'investisseur ou le groupement chargé du développement du projet, qui pourra être tunisien ou constitué dans le cadre d'un partenariat tuniso-étranger.
Un projet structurant inscrit dans la dynamique des grands aménagements urbains en Tunisie
Le projet Ben Ghayadha, dont l'identité visuelle sera finalisée dans un délai d'environ un mois et demi, fera ensuite l'objet d'une promotion internationale. Il est conçu comme un projet urbain structurant appelé à jouer un rôle majeur dans la dynamique de croissance économique et de création d'emplois, notamment dans la région de Mahdia.
"Il s'inscrit dans une série d'initiatives nationales de transformation urbaine, aux côtés de projets tels que la sebkha de Sijoumi, le projet de Taparura ou encore celui du golfe de Monastir. Ces projets visent la requalification de zones côtières stratégiques afin d'en faire de nouveaux pôles de développement économique, touristique et résidentiel", a encore précisé Atef Majdoub.
De son côté, Borhene Dhaouadi a indiqué que cette démarche s'appuie sur les expériences réussies de la Tunisie en matière de partenariats public-privé, notamment avec Al Buhaira Invest, l'acteur central du projet des Berges du Lac, souvent cité comme référence en matière de développement urbain structuré. Ce modèle permet de combiner expertise publique, financement privé et efficacité opérationnelle.
Dans cette perspective, Borhene Dhaouadi a souligné que le projet Ben Ghayadha s'inscrit pleinement dans la dynamique nationale de développement urbain fondée sur les PPP. Il a rappelé que ce modèle constitue un levier essentiel pour accélérer la réalisation des grands projets structurants et attirer des investisseurs de référence.
"Cette approche permet de capitaliser sur les expériences antérieures afin de concevoir un modèle de développement urbain intégré, conciliant performance économique, attractivité territoriale et durabilité. Elle contribue également à renforcer la capacité de la Tunisie à développer des projets reproductibles dans d'autres régions à fort potentiel", a-t-il encore précisé.
Le projet Ben Ghayadha ambitionne ainsi de devenir un modèle de développement durable et intégré, combinant modernisation urbaine, valorisation environnementale et création d'opportunités économiques. Il devrait contribuer à renforcer l'attractivité de Mahdia et à dynamiser l'investissement public et privé en Tunisie, notamment dans les secteurs de l'urbanisme, du tourisme et des infrastructures.
"À terme, ce projet est présenté comme un levier stratégique de transformation territoriale, contribuant à l'émergence de nouvelles centralités économiques sur le littoral tunisien et à la consolidation d'un modèle de développement urbain durable à l'échelle nationale", a conclu Dhaouadi.