L'assemblée générale des Nations unies a adopté, mercredi 20 mai, une résolution qualifiée d'historique visant à renforcer les obligations des États dans la lutte contre le changement climatique. Présenté par le Vanuatu, le texte a été adopté à une écrasante majorité avec 141 voix pour, huit contre et 28 abstentions.
Parmi les pays ayant voté contre figurent les États-Unis, la Russie, Israël, l'Iran et l'Arabie saoudite. La résolution marque une nouvelle étape dans la reconnaissance des responsabilités juridiques des États face à l'urgence climatique.
Le texte réaffirme officiellement les conclusions de l'avis consultatif rendu en juillet 2025 par la Cour internationale de Justice, selon lesquelles les États ont l'obligation légale, en vertu du droit international, de prendre des mesures urgentes et équitables pour protéger le système climatique. Cela inclut notamment la réduction rapide et durable des émissions de gaz à effet de serre, la coopération internationale, la responsabilisation des entreprises polluantes ainsi que la prévention des dommages climatiques.
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La résolution appelle les gouvernements à aligner leurs politiques nationales sur l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Elle demande également un encadrement accru des entreprises du secteur des énergies fossiles et la protection du droit à un environnement sain.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a salué «une puissante proclamation du droit international, de la justice climatique, de la science et de la responsabilité des États à protéger la population de l'escalade de la crise climatique». Le texte prévoit également que le secrétaire général présente, en 2027, un rapport sur les moyens de favoriser le respect des obligations découlant des conclusions de la Cour internationale de Justice. Cette mesure vise à maintenir la pression sur les gouvernements quant à la mise en oeuvre concrète de leurs engagements climatiques.
Pour les petits États insulaires, cette résolution revêt une importance particulière. Rajesh Bhagwan, ministre de l'Environnement, a qualifié cette décision d'avancée majeure pour l'humanité. Selon le ministre, l'adoption de la résolution portée par Vanuatu et soutenue par 141 États membres envoie un signal fort et sans ambiguïté au monde entier. Il a souligné que le droit international reconnaît désormais clairement l'obligation d'agir contre le réchauffement climatique et ses conséquences dévastatrices.
Il a rappelé que Maurice a soutenu dès le départ l'initiative du Vanuatu visant à faire ratifier l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice par l'Assemblée générale des Nations unies. Rajesh Bhagwan a insisté sur le fait que, pour les petits États insulaires comme Maurice, le changement climatique est déjà une réalité vécue quotidiennement par les citoyens à travers les crues éclair, les périodes de sécheresse, le recul des plages ainsi que les difficultés croissantes rencontrées par les pêcheurs, les planteurs et de nombreuses familles.
Le ministre a également souligné que, partout dans le monde, des pays et des communautés subissent déjà les conséquences du changement climatique, avec des milliards de dollars de pertes et dommages, mais aussi des vies bouleversées, des familles déplacées, des moyens de subsistance détruits et des territoires menacés. Selon lui, cette résolution consacre clairement le principe du pollueur-payeur et renforce l'exigence de justice climatique.
Il a toutefois rappelé que cette justice climatique ne peut exister sans une transition juste et le respect des engagements pris par les États. Il a enfin affirmé que la génération actuelle porte la responsabilité de garantir aux enfants et petits-enfants une planète où la vie pourra encore s'épanouir dignement, ajoutant que le 20 mai 2026 restera une date charnière dans l'histoire de la justice climatique.
Pour sa part, Joanna Bérenger, ancienne junior ministre de l'Environnement à Maurice, a réagi sur Facebook en soulignant que cette avancée représente «une reconnaissance internationale de notre vulnérabilité face à la montée des eaux, aux dérèglements climatiques, à l'érosion côtière et aux menaces qui pèsent sur notre biodiversité, notre économie et notre avenir».
Elle a également estimé que «la protection du climat n'est pas une faveur accordée aux générations futures, c'est une responsabilité immédiate des États envers l'humanité et la planète», rappelant que les petits États insulaires figurent parmi les premières victimes d'une crise climatique qu'ils n'ont pourtant pas créée.
Du côté des organisations environnementales, Greenpeace International a également salué l'adoption de cette résolution. Rebecca Newsom, responsable politique de l'organisation, a déclaré que «la plus haute juridiction du monde a clairement établi que l'action climatique était une obligation juridique incontestable».
Selon Greenpeace, les gouvernements devront désormais transformer cette résolution en mesures concrètes afin d'organiser une transition progressive et équitable hors des énergies fossiles. L'organisation plaide également pour une augmentation des taxes imposées aux grandes entreprises polluantes et aux ultra-riches afin de financer les efforts climatiques et les dommages causés par les catastrophes environnementales.