L'État du Sénégal a subventionné, en 2025, les hydrocarbures à hauteur de 380 milliards et a taxé le secteur pour 665 milliards de francs CFA. Les chiffres ont été dévoilés vendredi par le Premier ministre Ousmane Sonko, lors de son passage à l'Assemblée nationale pour répondre aux questions d'actualité.
Pour alléger le coût des hydrocarbures et notamment de l'énergie, l'État du Sénégal a opté pour la subvention. Ceci malgré les impacts lourds des chocs exogènes, notamment de la crise au Moyen-Orient.
« Aujourd'hui, nous sommes sur le double. À l'échelle mondiale, le prix du carburant est doublé aujourd'hui. Les assureurs ne veulent plus assurer les navires pour lesquels il faut transporter le carburant, surtout dans le Golfe. Donc l'impact est sur tous les secteurs de la vie. Normalement, si nous prenons une mesure de hausse, les subventions sur le carburant dépasseront 1 000 milliards, dans un budget de 5 000 milliards », a souligné le Premier ministre Ousmane Sonko.
Sur ce, le chef du gouvernement a relevé que pour les hydrocarbures, l'État doit payer des taxes pour la subvention.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
« Donc, si la subvention pose un problème, il faut voir si la taxe est faite. Si vous voulez travailler, vous devez travailler sur deux tableaux. C'est pourquoi je dis que le ministre de l'Énergie, le ministre des Finances et mon équipe travaillent pour trouver l'équilibre entre les taxes et les subventions », a-t-il soutenu.
Selon Ousmane Sonko, entre 2021 et 2025, c'est uniquement pendant deux ans que l'État a subventionné plus qu'il n'a taxé. C'est en 2022 qu'il a subventionné pour 750 milliards, taxé pour 523 milliards.
« Donc, la subvention est différenciée de 222 milliards. Si vous avez subventionné ce que vous avez payé, vous avez subventionné ce que vous avez payé. Mais si vous avez subventionné ce que vous avez payé ou taxé, il y a un reliquat, c'est que l'État est bénéficiaire », a-t-il rapporté.
A lire aussi : Cybermenaces : Cheikh Diba rassure sur la résilience des systèmes et annonce le paiement imminent des salaires
Donc, en 2022, il y a un écart de 2027 milliards en faveur de la subvention. Et en 2023, il y a un écart de 346 milliards en faveur de la subvention. En 2022, l'État a subventionné pour 237 milliards et a taxé pour 450 milliards, soit deux fois plus de taxes que de subventions. Pour 2024, 682 milliards de taxes, 467 milliards de subventions. Donc, un écart de 214 milliards.
« Et enfin, en 2025, on a subventionné pour 380 milliards et on a taxé pour 665 milliards. Donc, deux fois plus. C'est pourquoi l'exercice que je vous ai demandé, c'est de voir, soit on applique la vérité des prix, mais si tu appliques la vérité des prix, le prix à la pompe va augmenter, mais le taxé va augmenter », a-t-il dit.
« Ce qui fait que le consommateur est doublement pénalisé. Cette double pénalisation-là, c'est ce que je ne veux pas qu'il y ait dans ce pays. Et nous sommes en train d'y travailler », a ajouté le Premier ministre.
D'après le chef du gouvernement, tout ce que son équipe peut faire pour ne pas répercuter les conséquences de cette crise sur les populations, elle va le faire.
« Mais à l'impossible, nul n'est tenu. Si on savait qu'on ne pouvait pas le faire, nous reviendrions ici pour dire qu'on ne pouvait plus le faire. On peut trouver d'autres solutions. Si notre État veut fonctionner, on va chercher ce qui est le plus important dans l'État », a-t-il précisé.