L'admission quasi systématique de certains suspects dans des cliniques privées après leur arrestation soulève de plus en plus d'interrogations au sein de l'opinion publique et des autorités. Le dernier épisode en date concerne les violents incidents de Camp-Thorel : plusieurs suspects ont été hospitalisés quelques heures seulement après leur retour en détention policière.
Noorani Jamalsah, présenté comme l'actionnaire du chassé au coeur de la polémique, son fils Ashfaq Jamalsah, ainsi que Windsley Gerard Celeste et Gael Rydley Jullien Noel Bernard, ont été admis en clinique mercredi après avoir comparu devant le tribunal de Moka. Plus tôt dans la journée, la police avait objecté à leur remise en liberté sous caution dans le cadre de l'enquête sur les affrontements survenus dimanche à Camp-Thorel, et leur maintien en cellule avait été ordonné.
Ces derniers mois, plusieurs personnalités impliquées dans des enquêtes financières ou criminelles ont suivi le même chemin. Parmi les cas les plus médiatisés : celui de l'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga, arrêté dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent présumé alors qu'il se trouvait sous surveillance médicale dans une clinique ; Sattar Hajee Abdoula, visé par une accusation provisoire de blanchiment d'argent, avait lui aussi été admis à l'hôpital avant d'être transféré dans une clinique. Même scénario pour Muzaffar Lallmamode et l'ancien commissaire de la Financial Crimes Commission (FCC), Junaid Haroon Fakim, hospitalisé avant un séjour prolongé en clinique.
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Face à cette tendance, le gouvernement entend désormais serrer la vis. Répondant à une question parlementaire du Dr Farhad Aumeer en décembre dernier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé que des mesures législatives étaient en préparation afin d'empêcher tout usage stratégique des infrastructures médicales privées par des suspects sous enquête. Le Dr Aumeer a, pour sa part, dénoncé ce qu'il considère comme une dérive du système, plaidant pour la création d'une unité médicale spécialisée directement rattachée à la FCC afin d'éviter les abus.
Selon les chiffres communiqués par la FCC, 88 personnes ont été arrêtées sous des accusations provisoires liées à des crimes financiers depuis novembre 2024. Huit d'entre elles ont nécessité des soins médicaux, et plusieurs ont été admises dans des cliniques avant d'obtenir la liberté sous caution.
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Camp-Thorel : Importante opération policière pour retrouver une arme à feu et ouvrir un conteneur
L'enquête sur les violents incidents survenus à Camp-Thorel continue de mobiliser d'importants moyens policiers. Ce jeudi, plusieurs unités se sont rendues sur place dans le cadre d'une vaste opération visant notamment à retrouver une arme à feu qui aurait été utilisée lors des affrontements. Des éléments du Special Mobile Force, du Central Criminal Investigation Department (CCID), ainsi que des policiers de plusieurs postes de la région ont participé à l'opération.
Une fouille a également été effectuée pour procéder à l'ouverture d'un conteneur présent sur le site. Selon les informations recueillies, des membres de la famille Jamalsah se seraient rendus sur place afin de remettre les clés nécessaires à l'ouverture du conteneur aux enquêteurs. Pour rappel, cette famille exploite un chassé à Camp-Thorel sous l'enseigne Hemisphere de L'Est, en partenariat avec le fils d'un ancien président d'un corps parapublic. Cette collaboration commerciale aurait débuté il y a environ deux mois.
Dans ce dossier sensible, l'enquête a récemment été transférée de la Criminal Investigation Division (CID) de Moka au CCID, avec l'aval du commissaire de police Rampersad Sooroojebally. Cette décision aurait été motivée par des préoccupations liées à l'impartialité de l'enquête, certains policiers de la division de Moka ayant été impliqués ou blessés lors des incidents.
Selon les premiers éléments, un sergent affecté au poste de police de Quartier-Militaire aurait été agressé durant les affrontements. Il aurait subi des blessures à la tête et à la main droite. Le policier aurait également affirmé qu'un membre de la famille Jamalsah, armé d'un revolver, aurait tiré deux coups de feu en l'air. Toutefois, les fouilles effectuées au poste de police de St-Pierre sur les membres de la famille ainsi que sur leurs véhicules n'ont, jusqu'ici, rien révélé de compromettant.
L'enquête porte également sur l'incendie criminel d'une Nissan blanche immatriculée 7577 JL 23, incendiée à environ 100 mètres du lieu des incidents. Selon les informations disponibles, le véhicule était escorté par des véhicules de police à l'avant et à l'arrière au moment des faits. Malgré cette présence, la voiture a été entièrement détruite par les flammes. À ce stade, aucune arrestation n'a encore été effectuée concernant cet incendie criminel. Les investigations se poursuivent sous la supervision du CCID afin de faire toute la lumière sur cette affaire sensible.