Sénégal: Face à la montée en puissance de l'école - Mamadou Ndiaye plaide pour de nouvelles infrastructures

En marge de la cérémonie de remise des diplômes de la 53e promotion, le directeur général du CESTI, Mamadou Ndiaye, a dressé un bilan éloquent des six années à la tête de l'institution avant de lancer un appel pressant aux autorités pour la construction de nouvelles infrastructures, indispensables selon lui à la poursuite du rayonnement de l'école.

Le tableau est flatteur, mais les murs craquent. C'est en substance le message qu'a voulu faire passer Mamadou Ndiaye, directeur général du CESTI, lors de son allocution prononcée cérémonie de remise des diplômes de la 53e promotion baptisée Mame Less Camara, à l'auditorium de l'UCAD 2. Saluant le chemin parcouru depuis sa prise de fonction, il a néanmoins tiré la sonnette d'alarme sur l'état des infrastructures de l'établissement, devenues vétustes également insuffisantes face à la croissance rapide des effectifs.

Les chiffres qu'il a égrenés sont, à eux seuls, révélateurs de la transformation engagée. Selon le Directeur du CESTI, « En 2020, le CESTI ne proposait que deux formations et accueillait 159 étudiants. En 2026, l'école en compte 399, répartis dans six filières distinctes, auxquels s'ajoutent 103 auditeurs professionnels suivant des certificats pratiques en communication digitale, média training, production audiovisuelle. » Une montée en puissance que le qu'il a qualifiée de « maîtrisée », rappelant qu'elle répondait à une injonction du rectorat qui, à son arrivée, jugeait le coût par étudiant « excessivement cher » et demandait une diversification de l'offre.

Le CESTI a relevé le défi. De nouveaux masters spécialisés en journalisme financier, culturel, politique et scientifique ont été validés. Le Groupe de Recherche Pluridisciplinaire accueille désormais plus d'une quinzaine de doctorants en sciences de l'information et de la communication. Les premières promotions des licences en communication et en production audiovisuelle ont été officiellement diplômées le 30 avril 2026. Une réussite collective, a insisté Mamadou Ndiaye, rendue possible par « une bonne équipe » et une gestion participative institutionnalisée.

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Mais derrière cette dynamique, les contraintes physiques se font de plus en plus pesantes. « Nous sommes à l'effroi », a-t-il déclaré sans détour. Le bâtiment principal est jugé vétuste, la case foyer attend toujours d'être démolie et reconstruite, et l'amphithéâtre Eugénie Rokhaya Aw n'a toujours pas été réhabilité depuis les dégradations subies lors des événements du 1er juin 2023. Plus préoccupant encore, l'école fait désormais face à une pénurie de salles de cours, « un phénomène nouveau au CESTI », a-t-il souligné.

Face à ce constat, le directeur sortant a formulé un appel clair à l'endroit des pouvoirs publics et des anciens élèves de l'institution : « Le défi pour nous, c'est d'aller vers la construction de nouvelles infrastructures à la hauteur de la renommée de notre établissement. Nous comptons sur l'État du Sénégal et sur les diplômés du CESTI pour relever le défi. »

Un plaidoyer d'autant plus symbolique que Mamadou Ndiaye a annoncé lors de cette même cérémonie la fin prochaine de son second et dernier mandat à la tête du CESTI laissant à son successeur un établissement en pleine expansion, mais dont les murs peinent à suivre l'ambition.

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