Une note officielle datée du 22 mai 2026 a mis fin à un projet académique impliquant l'une des plus grandes figures du football africain. Le Professeur François Marc Modzom, Directeur de l'ESSTIC, a formellement interdit une conférence qui devait accueillir Samuel Eto'o Fils, président de la FECAFOOT. La décision, brutale et sans appel, révèle une crise de gouvernance interne à l'École Supérieure des Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication.
Comment le projet a dérivé hors des canaux officiels
Le directeur affirme avoir découvert l'existence de l'événement "au hasard de la consultation de certains réseaux sociaux". Aucune demande d'autorisation n'avait transité par les voies hiérarchiques classiques. La filière Édition et Arts Graphiques, organisatrice de la conférence, avait manifestement agi en vase clos. Ce mode opératoire constitue une irrégularité administrative majeure pour une institution publique sous tutelle universitaire.
Pourquoi le refus repose sur trois piliers légaux
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Le Professeur Modzom articule son interdiction autour de vices de forme insurmontables. D'abord, l'absence de validation préalable par la direction. Ensuite, l'absence de toute considération protocolaire pour une personnalité d'envergure internationale. Enfin, le vide total en matière de dispositif sécuritaire adapté. La note précise que "la personnalité du président de la FECAFOOT au campus appelle des dispositions aussi bien protocolaires que sécuritaires qui ne semblent pas avoir été prises".
Un contournement managérial
L'initiative interne a court-circuité l'ensemble de la chaîne hiérarchique. Le directeur n'a été saisi par aucun courrier officiel, aucune réunion préparatoire, aucun compte rendu. Cette insubordination administrative traduit soit une méconnaissance grave des règles universitaires, soit une tentative délibérée d'obtenir un fait accompli. La copie de la note transmise au Recteur de l'Université de Yaoundé II confirme que la direction supérieure est désormais pleinement engagée.
L'ESSTIC devra réviser ses protocoles internes pour éviter tout nouveau contournement. Des sanctions sévères pourraient frapper les enseignants ou étudiants à l'origine de cette "intolérable légèreté". À plus long terme, l'affaire pose une question stratégique : comment les universités publiques camerounaises peuvent-elles accueillir des personnalités de premier plan sans compromettre leur gouvernance ? L'équilibre entre ouverture académique et rigueur administrative reste à inventer.
Une question ouverte sur l'avenir des conférences universitaires
La décision du directeur sacrifie-t-elle le prestige de l'invité sur l'autel de la procédure ? Ou pose-t-elle au contraire les bases nécessaires à une institutionnalisation durable des grands événements sur les campus ? Alors que Samuel Eto'o Fils incarne une réussite mondiale, son absence forcée de l'ESSTIC rappelle une vérité inconfortable : même les icônes ne peuvent rien contre les vices de forme.