Deux parcours pilotes pour former les experts (es) de la transition énergétique.
La Côte d'Ivoire renforce son dispositif de formation aux métiers d'avenir. Deux universités publiques misent désormais sur des offres innovantes destinées à préparer les jeunes aux défis de la transition énergétique et aux exigences du marché de l'emploi.
Le 21 mai 2026, à l'Université Félix Houphouët-Boigny, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs), en partenariat avec la coopération allemande à travers le projet ProFERE II (Développement du marché et promotion de l'emploi dans les domaines des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique en Côte d'Ivoire), mis en oeuvre par la Giz Côte d'Ivoire avec le cofinancement de l'Union européenne, a officialisé la signature de conventions de partenariat entre universités et entreprises.
Cette initiative marque le lancement de formations duales en énergies renouvelables et efficacité énergétique, pensées pour renforcer l'employabilité des jeunes diplômés. L'ambition affichée est de rapprocher durablement l'université du monde professionnel afin de former des diplômés immédiatement opérationnels dans un secteur stratégique en pleine expansion.
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Dans un contexte marqué par les enjeux climatiques et énergétiques, la Côte d'Ivoire entend accélérer sa transition énergétique tout en réduisant significativement ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2035. Au coeur de cette réforme figurent deux parcours pilotes conçus selon un modèle dual, combinant enseignements académiques et immersion professionnelle en entreprise.
L'Université Félix Houphouët-Boigny ouvrira le Master Développement et conduite des ressources énergétiques et environnementales (DéCREE). Cette formation vise à former des cadres, ingénieurs et expert·e·s capables de concevoir, gérer et optimiser des projets énergétiques innovants, notamment dans les domaines des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.
De son côté, l'Université Nangui Abrogoua pilotera une Licence professionnelle Biomasse-Énergie (Lbe). Cette filière ambitionne de valoriser le potentiel énergétique issu des ressources agricoles, forestières et agro-industrielles du pays, tout en formant des techniciens (nes) qualifiés (es) dans la transformation énergétique et la gestion durable des ressources.
Selon les initiateurs, ces parcours ont été élaborés en étroite collaboration avec les entreprises afin de garantir une meilleure adéquation entre les contenus pédagogiques et les compétences recherchées sur le marché de l'emploi.
Représentant le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Adama Diawara, le directeur de cabinet Arsène Kobéa a insisté sur l'importance de ce modèle pédagogique. « La formation duale, qui associe apprentissage académique et immersion professionnelle, représente aujourd'hui l'un des modèles les plus performants pour développer des compétences opérationnelles immédiatement valorisables », a-t-il déclaré.
Pour lui, cette dynamique traduit la volonté du gouvernement de renforcer l'employabilité des diplômés, de stimuler l'innovation et de connecter davantage les universités au tissu économique national.
Au nom des universités signataires, le professeur Tiho Seydou, vice-président chargé de la pédagogie de l'Université Nangui Abrogoua, a salué un dispositif appelé à faire école. « Nos universités doivent former, mais aussi rendre les étudiants employables. Cette collaboration avec les entreprises permettra de proposer des formations plus pertinentes et adaptées aux réalités économiques », a-t-il affirmé.
S'exprimant au nom du secteur privé, Ta Bi Soma Kouamé Cécile, directrice du Développement des ressources humaines de la Cie, a présenté cette réforme comme « une opportunité majeure » pour bâtir une jeunesse plus compétitive et mieux préparée aux réalités du marché du travail. Même engagement du côté des partenaires techniques et financiers.
La représentante de la délégation de l'Union européenne, Laura Desmolin, a rappelé que la transition énergétique repose avant tout sur le développement des compétences humaines. « La formation duale est l'une des approches les plus efficaces pour rapprocher durablement les systèmes éducatifs des besoins du marché du travail », a-t-elle souligné.
Pour le chef de coopération de l'ambassade de la République fédérale d'Allemagne en Côte d'Ivoire, Lars Niede, ce modèle inspiré de l'expérience allemande constitue un puissant levier de professionnalisation. « Ce modèle repose sur un principe simple mais puissant : associer étroitement la formation académique et l'apprentissage en entreprise », a-t-il expliqué.
Le coordonnateur national des formations interuniversitaires en énergies renouvelables et efficacité énergétique, Franck Dodou, a pour sa part insisté sur les bénéfices attendus pour l'ensemble des parties prenantes. « Ce partenariat gagnant-gagnant permettra aux entreprises de bénéficier de compétences adaptées à leurs besoins, aux universités d'enrichir leurs programmes grâce à l'expérience du terrain et aux apprenants d'améliorer significativement leur insertion professionnelle », a-t-il indiqué.
À terme, cette initiative soutenue par l'Union européenne et la coopération allemande pourrait être étendue à d'autres filières stratégiques, avec l'ambition de faire de l'enseignement supérieur ivoirien un véritable levier de compétitivité, d'innovation et de développement durable.