Ile Maurice: Le parquet ébranle l'assistant surintendant Ramtoollah

L'enquête judiciaire sur la mort du détenu John Mick Martingale, à la prison de Beau-Bassin, a pris une tournure électrique, hier, en cour. L'assistant surintendant des prisons Mohamad Assif Ramtoollah, responsable du shift au moment des faits, a été interrogé par Me Ricky Bhookhun, représentant du Directeur des poursuites publiques, sur les procédures d'une fouille menée dans la cellule du détenu peu avant son décès, le 7 septembre 2022.

Au centre des interrogations : l'absence d'avertissement à la Control Room avant la fouille de la cellule 71. Une omission que le parquet considère comme une grave entorse aux Standing Orders des prisons. Face aux questions du State Counsel, l'ASP Ramtoollah est resté ferme : il avait suivi les procédures qu'il jugeait nécessaires.

Il a expliqué qu'une caméra de surveillance, située à environ 100 mètres de la cellule, était déjà opérationnelle et qu'il ne voyait donc aucune nécessité de contacter la Control Room. Une explication qui n'a visiblement pas convaincu Me Ricky Bhookhun :«Today the court and the police would probably have CCTV images to what really happened to the victim if only you had informed the Control Room before the search», a-t-il lancé à l'audience.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Il lui a été rappelé que la caméra 123 était fixe et ne pouvait capter ce qui se passait à l'intérieur ou aux abords immédiats de la cellule sans intervention de la Control Room. Le State Counsel a également souligné que si la Control Room avait été avertie, le prison officer La Fleur aurait pu orienter la caméra vers la cellule concernée.

Autre point: plusieurs officiers pénitentiaires présents lors de cette fouille, notamment Vythilinga, Constant, Nundlall et Goorah, auraient tous affirmé dans leurs déclarations que l'absence d'information au Control Room constituait bel et bien une faute procédurale.

Malgré ces éléments et les nombreuses contradictions soulevées par le parquet, l'ASP Ramtoollah a campé sur ses positions. À un moment de l'audience, le représentant du DPP a même laissé entendre qu'avec «36 ans d'expérience» au sein du système carcéral, un officier de ce rang ne pouvait ignorer les procédures de sécurité élémentaires en cas de fouille.

Le magistrat Denis Jonathan Vellien a finalement demandé au témoin de produire les Standing Orders des prisons lors de la prochaine séance, le 27 mai 2026.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.