Le recrutement de 1 250 éboueurs et General Workers par la Local Government Service Commission (LGSC) continue de faire réagir.
Mardi, répondant à une Private Notice Question du leader de l'opposition Joe Lesjongard, le Premier ministre Navin Ramgoolam a rendu publique la répartition des postes entre les différentes municipalités et conseils de district du pays. Derrière les chiffres et les débats politiques, se cache toutefois une réalité humaine souvent méconnue : celle de femmes et d'hommes qui assurent chaque jour la propreté des villes et villages.
Bien avant le lever du soleil, ils sont déjà au travail. Bottes aux pieds, gants aux mains et gilet fluorescent sur le dos, les éboueurs sillonnent les rues pour collecter les ordures ménagères. Une tâche exigeante physiquement, souvent accomplie dans des conditions difficiles. «Ce n'est pas facile de se lever tous les matins, surtout que cela dépend aussi de Dame Nature», raconte Anand (*), rencontré en pleine tournée matinale. Entre les sacs éventrés, les déchets éparpillés et les odeurs parfois difficiles à supporter, il maintien néanmoins le cap. «Il faut garder le pays propre, surtout en ce moment», dit-il avec simplicité.
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Pour plusieurs travailleurs, ce métier représente bien plus qu'un simple emploi. Ram (*), aujourd'hui employé dans un conseil de district, a connu plusieurs petits boulots avant de rejoindre ce secteur. «J'ai été tailleur, j'ai travaillé dans une usine, puis j'ai obtenu cet emploi. Grâce à cela, j'ai pu élever mes enfants et nourrir ma famille», confie-t-il. Malgré la pénibilité du métier, il affirme exercer sa profession avec dignité.
Au quotidien, certains comportements du public compliquent toutefois leur tâche. Nourriture jetée en grande quantité, déchets non emballés correctement ou encore objets dangereux abandonnés dans les sacs poubelles: autant de situations qui exposent ces travailleurs à divers risques sanitaires. «Cela attire les animaux errants, les rats et des moutouks (asticots)», explique Ram.
La question de la santé et de la sécurité reste d'ailleurs une préoccupation majeure. Alain (*) , éboueur depuis plusieurs années, affirme croiser des rats quotidiennement autour des bennes à ordures. «Nous demandons au public d'avoir un peu de considération à notre égard. Nous sommes des travailleurs comme les autres et nous avons aussi une famille qui nous attend à la maison», souligne-t-il. Avec les récents cas de leptospirose signalés dans le pays, les inquiétudes se multiplient parmi les travailleurs du nettoyage.
Depuis plusieurs mois déjà, la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), par la voix des syndicalistes Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, alerte sur les dangers auxquels ces employés sont exposés. Le syndicat rappelle que ces travailleurs évoluent quotidiennement dans des environnements à risque, en contact avec des eaux stagnantes, des déchets contaminés et des rongeurs.
Une répartition détaillée au Parlement
Pour la CTSP, il est impératif que les autorités renforcent les mesures de protection et de sécurité au travail. Le syndicat estime que ces employés jouent un rôle essentiel dans la protection de la santé publique et méritent davantage de reconnaissance et d'encadrement.
Concernant les chiffres dévoilés au Parlement, 828 éboueurs et 422 General Workers seront recrutés. Parmi les municipalités, Port-Louis arrive en tête avec 160 recrutements, suivie de Beau-Bassin/Rose-Hill 131, Quatre-Bornes 117, Vacoas-Phoenix 88 et Curepipe 35. Du côté des conseils de district, Flacq enregistre le plus grand nombre d'embauches avec 171 recrutements, devant Grand-Port 168, Pamplemousses 120, Moka 103, Savanne 77, Rivière-du-Rempart 69 et Rivière-Noire 11.
Il a également été révélé que 1 503 candidatures ont été rejetées. Pour rappel, les contrats de 1 463 recrues avaient pris fin en juin dernier, dans un contexte marqué par des présumées irrégularités, dénoncées par le gouvernement.
Au-delà des chiffres, ce recrutement remet surtout en lumière une profession essentielle mais souvent peu valorisée. Chaque jour, ces travailleurs de l'ombre participent silencieusement à maintenir un environnement plus sain pour toute la population.