Bakou — La directrice exécutive de ONU-Habitat, Anacláudia Rossbach, a exhorté vendredi, à Bakou, les États membres à concrétiser la Nouvelle Agenda urbain afin de réduire le déficit de logements dans leurs pays respectifs ainsi qu'à l'échelle mondiale.
S'exprimant à la clôture du 13e Forum urbain mondial, la responsable onusienne a mis en lumière le lien de plus en plus étroit entre la crise du logement et les changements climatiques.
Selon Anacláudia Rossbach, les communautés confrontées à la plus grande précarité résidentielle figurent également parmi les plus exposées aux risques climatiques, notamment les inondations, les vagues de chaleur extrême et la dégradation de l'environnement.
Elle a ainsi plaidé pour un renforcement des investissements dans des systèmes de logement résilients face aux dérèglements climatiques, à travers des approches telles que les solutions fondées sur la nature, la modernisation et l'adaptation des habitations existantes, les initiatives portées par les communautés locales ainsi qu'une meilleure préparation aux catastrophes.
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D'après le Rapport mondial sur les villes 2026, la crise mondiale actuelle du logement résulte de plusieurs décennies de sous-investissement, d'urbanisation accélérée, d'instabilité économique et de déplacements forcés provoqués par les conflits et les catastrophes.
Les estimations mondiales les plus récentes indiquent que jusqu'à 3,4 milliards de personnes n'ont pas accès à un logement sûr, adéquat et sécurisé, dont plus d'un milliard vivant dans des établissements informels et des bidonvilles caractérisés par une occupation précaire, la surpopulation, l'exposition aux risques environnementaux et un accès limité aux services de base.
Malgré la reconnaissance universelle du logement comme droit fondamental, les progrès accomplis demeurent insuffisants, souligne le document publié à l'issue du forum.
Le rapport précise en outre que le déficit mondial de logements est passé de 251 millions d'unités en 2010 à 288 millions en 2023, tandis que les déplacements forcés continuent de s'intensifier sous l'effet des conflits, des violences, des violations des droits humains et des catastrophes liées au climat.
Les recherches menées par l'ONU-Habitat estiment qu'environ 64 millions de personnes ont été expulsées de leur logement dans le monde entre 2003 et 2023, avec de lourdes conséquences sur les moyens de subsistance, la sécurité et le bien-être social.
Le Rapport mondial sur les villes 2026 met en avant le logement adéquat comme pilier essentiel du développement urbain durable et du bien-être humain, bien au-delà de la simple fourniture d'un abri.
Le document souligne que le logement influe directement sur l'accès à l'emploi, aux services publics, aux soins de santé et aux opportunités économiques, devenant ainsi indispensable à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Le rapport insiste enfin sur l'importance de logements sûrs, accessibles et bien situés pour réduire la pauvreté, améliorer la qualité de vie et transformer les établissements informels et les bidonvilles.