Il fallait bien une ligne de touche pour saluer cet épilogue inattendu. La libération des 15 derniers supporters sénégalais jusque-là détenus au Maroc, accordée par la grâce royale de Sa Majesté le Roi Mohamed VI vient clore, du moins symboliquement, l'un des feuilletons les plus douloureux qu'ait connus le football africain ces derniers mois.
Rappel des faits. Lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations opposant le Sénégal au Maroc, des incidents avaient éclaté dans les tribunes, dégénérant en affrontements qui avaient conduit à l'arrestation de plusieurs dizaines de supporters sénégalais. Les images avaient fait le tour du monde, ternissant la fête du foot africain et crispant du coup les relations entre les deux nations. S'en suivit une procédure judiciaire marocaine : des condamnations vont tomber, suscitant l'émoi et la mobilisation des autorités sénégalaises. Dakar avait aussitôt engagé des démarches diplomatiques, pour espérer une résolution rapide sur le plan politique.
Une première vague de supporters avait déjà regagné le Sénégal après avoir purgé leur peine, soulagée mais meurtrie. Pour les 15 restants, l'attente s'étirait, lourde d'incertitude. Les familles espéraient, les autorités négociaient, et l'opinion publique suivait ce dossier avec beaucoup d'anxiété. Beaucoup anticipaient un dénouement par voie diplomatique, un geste politique entre les 2 pays frères. C'est finalement par la voie de la magnanimité royale que la solution est venue.
A l'occasion de l'Aïd el Kebir, sans doute, le Roi Mohamed VI a accordé sa grâce aux 15 rescapés encore détenus. Un geste fort, chargé de sens dans sa dimension symbolique et spirituelle. La Tabaski, fête du sacrifice et du pardon, aura ainsi offert à ces hommes ce que les tractations n'avaient pu obtenir : la liberté.
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Un beau cadeau royal, accueilli avec soulagement et gratitude au Sénégal. Reste toutefois à savoir si ces supporters pourront célébrer l'Aïd auprès des leurs. Des procédures administratives demeuraient toujours à accomplir avant leur embarquement, et le chemin entre la grâce et le tarmac peut parfois s'avérer long. Mais qu'importe : ils respirent enfin l'air de la liberté retrouvée.
Il serait cependant prématuré de refermer définitivement ce dossier. Le Tribunal arbitral du sport est toujours saisi de l'affaire, et les procédures en cours rappellent que les péripéties judiciaires nées de cette finale ne sont pas totalement soldées. Il reste à savoir in fine qui sera le vainqueur de cette CAN qui a connu une fin désastreuse.