Lubango ( — L'Action pour le développement rural et l'environnement (ADRA) appelle au renforcement des politiques publiques visant à protéger les femmes rurales du sud de l'Angola, afin de lutter contre la pauvreté, les violences sexistes et l'exclusion sociale.
Dans un entretien accordé à l'ANGOP à l'occasion de la Journée de l'Afrique, qui se commémore ce lundi, la directrice de l'ADRA à Huíla et Namibe, Anastácia Tchilete, a déclaré que de nombreuses femmes et filles continuent d'être exposées à des pratiques culturelles qui limitent leur accès à l'éducation, à la formation professionnelle et à l'autonomie économique.
Selon elle, la pauvreté dans les familles rurales fait que les garçons sont privilégiés, tandis que les filles sont tenues à l'écart de l'école pour aider aux tâches domestiques et agricoles.
Elle a également indiqué que le manque d'information sur la santé sexuelle et reproductive contribue aux grossesses précoces et au décrochage scolaire, compromettant ainsi le développement social et professionnel des jeunes femmes.
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Elle a également mentionné que les cas de violences sexistes, les mariages précoces et l'absence de lieux sûrs pour signaler ces violences constituent toujours des obstacles à l'autonomisation des femmes en milieu rural.
La directrice de l'ADRA a estimé que, malgré les progrès législatifs enregistrés en Angola en matière d'égalité des sexes, des difficultés persistent quant à la mise en oeuvre effective des politiques de protection des femmes.
Parmi ces progrès, elle a souligné la Politique nationale pour l'égalité et l'équité entre les sexes, la loi contre la violence domestique et d'autres programmes sociaux visant à favoriser l'inclusion des femmes et à lutter contre la pauvreté.
Elle a également mis en garde contre les conséquences du changement climatique sur la vie de ces femmes, notamment la pénurie d'eau et les difficultés rencontrées dans l'agriculture et l'élevage.
Elle a indiqué que de nombreuses femmes parcourent actuellement plus de cinq kilomètres pour aller chercher de l'eau pour leurs besoins domestiques et leurs activités productives, une situation aggravée par les sécheresses prolongées dans le sud du pays.
Elle a donc appelé à un investissement accru dans les programmes d'accès à l'eau, d'éducation inclusive, de santé sexuelle et reproductive et d'autonomisation économique des femmes et des filles.
Anastácia Tchilete a également souligné l'importance de l'agriculture familiale dans la lutte contre la pauvreté et la garantie de la sécurité alimentaire, notant que plus de 80 % des aliments consommés dans le pays sont produits par des familles paysannes, majoritairement composées de femmes.
La directrice de l'ADRA a reconnu les progrès accomplis par l'Angola en matière de promotion du leadership féminin, avec une présence accrue des femmes dans les instances de décision politiques, administratives et judiciaires.
Elle a toutefois estimé nécessaire de poursuivre les investissements dans l'éducation et la formation professionnelle des filles, car celles-ci constituent des outils essentiels à l'autonomie des femmes et à leur participation active à la société.
Anastácia Tchilete a exhorté les femmes angolaises et africaines à investir dans l'éducation, le leadership et la participation communautaire, affirmant que l'avenir de l'Angola et de l'Afrique repose sur la pleine intégration des femmes dans les processus de décision et de développement.