Ile Maurice: Paul Bérenger interpelle le gouvernement à la veille du Budget

C'est dans une salle du Hennessy Park Hotel que le leader du Fron Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, accompagné des députés Chetan Baboolall et Joanna Bérenger, a convoqué hier matin une conférence de presse axée sur l'inflation et le coût de la vie. Seul au micro pendant l'essentiel de la rencontre, Paul Bérenger n'a pas mâché ses mots.

Pour le leader du nouveau parti d'opposition, l'inflation qui pèse sur les ménages mauriciens résulte de quatre facteurs distincts. La fiscalité à l'importation, notamment sur les produits pétroliers, pour commencer. «C'est l'une des principales causes de l'inflation à Maurice», a-t-il affirmé, appelant le gouvernement à saisir l'opportunité du prochain Budget pour réduire ces taxes sans délai.

Vient ensuite l'absence d'une action soutenue contre les monopoles et cartels qui, selon lui, prospèrent impunément sur le marché local. Le fonds de stabilisation des prix que le gouvernement souhaite mettre en place pour certains produits essentiels constitue un troisième levier, qu'il juge insuffisant, mais nécessaire. Enfin, la dépréciation de la roupie, qu'il impute directement à l'ancien gouvernement : «Ils ont abusé terriblement de cela.» Depuis les élections, concède-t-il, la situation s'est quelque peu stabilisée, avec même une appréciation récente face au dollar.

«Certificat d'incompétence»

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Toutefois, c'est à propos de la Competition Commission que Paul Bérenger s'est montré le plus cinglant. La mise en place, la semaine dernière, d'un comité interministériel présidé par le Premier ministre pour lutter contre les monopoles et cartels lui a semblé proprement absurde. «Il y a une commission et son président, Jim Seetaram, qu'on avait nommé... une nomination que j'avais contestée», a-t-il lancé, avec un sourire ironique. Confier au Premier ministre la présidence d'un tel comité revient, selon lui, à délivrer «un certificat d'incompétence» à la commission elle-même.

D'autant que le Premier ministre, qui tient déjà le portefeuille des Finances - une charge qu'il peine, selon Paul Bérenger, à assumer pleinement -, se retrouve désormais à présider ce comité interministériel. Une mission de plus, juge le leader du FMP, «dont on voit mal comment elle pourrait être menée avec efficacité». Pour vraiment changer la donne, il faudrait selon lui amender la loi pour lui donner davantage de pouvoirs, renforcer ses effectifs, afin de permettre d'enquêter rapidement sur les importateurs et commerçants qui abusent. «Ce n'est pas un ministre ou Premier ministre qui peut remplacer une institution permanente qui a des pouvoirs selon la loi», a-t-il martelé.

Au-delà des mesures d'urgence, Paul Bérenger a tracé une vision à moyen terme autour de deux priorités : accélérer la production agricole locale et maximiser le recours aux énergies renouvelables. La réforme du système des retraites a également été évoquée, dans le contexte du Budget à venir, que le leader du FMP considère comme une occasion de marge de manoeuvre importante pour le gouvernement. Il a aussi abordé la réforme constitutionnelle et électorale, déplorant les atermoiements autour d'un projet de loi qui, selon lui, aurait pu être mis au vote rapidement.

Visiblement désireux de recentrer les débats sur la question du coût de la vie, Paul Bérenger a maintenu le cap sur l'inflation tout au long du temps des questions-réponses. La presse a néanmoins soulevé plusieurs autres sujets, dont la position de la présidente de l'Assemblée nationale, qui avait refusé d'autoriser une question supplémentaire au député de l'opposition Adrien Duval à l'issue de l'une de ses questions au Premier ministre, lors de la séance parlementaire du 19 mai dernier.

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