Ile Maurice: Maintenir les prix à la pompe accentue le déficit financier

Face à l'escalade des prix des produits pétroliers sur le marché international, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient qui s'éternise, le gouvernement s'efforce de maintenir les prix à la pompe afin de limiter l'impact sur le coût de la vie. Toutefois, cette décision entraîne des pertes financières pour la State Trading Corporation (STC), a indiqué à la presse, le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik-Yuen, au lancement de l'atelier consacré à l'indice des prix à la consommation (CPI) et à l'inflation, organisé par Statistics Mauritius le 20 mai.

Selon le ministre, les prix locaux restent relativement inférieurs à ceux observés dans plusieurs autres pays, alors même que Maurice dépend entièrement des importations de produits pétroliers. «Quand on compare le prix des carburants à travers le monde, l'essence et le diesel pourraient facilement atteindre Rs 100 le litre. Le gouvernement essaie de contenir les prix, conscient que la hausse du prix du diesel a un effet domino», explique-t-il.

Michaël Sik Yuen souligne que le diesel est utilisé dans plusieurs secteurs, notamment le transport, la livraison et la production, ce qui signifie qu'une hausse de son prix finit par avoir des répercussions sur l'ensemble de l'économie et sur les consommateurs. Il affirme également que la STC vend actuellement les carburants à perte, ce qui accentue le déficit financier.

«Si le Petroleum Pricing Committee (PPC) s'était réuni à n'importe quel moment, que ce soit la semaine dernière, aujourd'hui ou même demain, il aurait normalement recommandé une augmentation des prix, car nous vendons actuellement à perte.» Selon lui, le diesel nécessiterait actuellement une hausse pouvant atteindre environ 25 %, tandis que l'essence devrait augmenter d'environ 15 % pour refléter les coûts réels du marché international.

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Rappelons que la dernière révision de prix remonte au 24 mars. Le diesel est passé de Rs 58,95 à Rs 64,80 le litre. Théoriquement, compte tenu d'un prix de référence de 173,34 dollars le baril et d'un taux de change de Rs 46,93 pour un dollar américain, cette hausse aurait dû atteindre Rs 23,99 par litre. Toutefois, les dispositions réglementaires limitent l'augmentation à 10 %, soit le seuil maximal autorisé, d'autant que le Price Stabilisation Account (PSA) affiche un déficit estimé à Rs 2,3 milliards pour ce produit.

En revanche, le prix de l'essence est resté inchangé à Rs 58,45 le litre. «C'est une question d'équilibre», précise le ministre, soutenant que si les prix étaient maintenus trop longtemps, les fonds nécessaires pour acheter les prochaines cargaisons pourraient venir à manquer. «Si nous avions maintenu les prix inchangés, sur trois cargaisons, nous n'aurions plus eu d'argent pour acheter les prochaines.»

Dans un contexte où les prix des produits pétroliers risquent de rester élevés pendant une période prolongée en raison des tensions géopolitiques persistantes, l'Association des consommateurs de l'île Maurice demande, à nouveau, une révision de la structure des prix des carburants, notamment des différentes contributions et mécanismes qui la composent.

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