Luanda — L'ambassadrice du Mozambique en Angola, Esmeralda Belta Matias, a défendu ce dimanche à Luanda la nécessité pour les pays africains d'adopter une gestion intégrée, adéquate et durable des ressources en eau et des bassins hydrographiques partagés
Lors d'une interview accordée à la presse en marge d'un événement culturel organisé par l'Organisation des femmes angolaises (OMA) à l'occasion de la Journée de l'Afrique, la diplomate a souligné que l'accès à l'eau et sa gestion constituent l'un des principaux défis du continent.
Esmeralda Matias a insisté sur le fait que l'eau est essentielle à la vie, mais que le continent est confronté à des extrêmes cycliques : d'une part, la pénurie qui menace la survie des populations, et d'autre part, les pluies excessives qui provoquent des inondations dévastatrices.
À titre d'exemple, l'ambassadrice a rappelé les graves conséquences des inondations qui ont récemment frappé le Mozambique, ravageant villages, villes et terres agricoles, et a établi un parallèle avec la situation similaire observée dans la province de Benguela, en Angola.
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« Nos fleuves et nos relations avec les peuples voisins exigent une gestion partagée et adéquate de l'eau afin d'atténuer les phénomènes naturels extrêmes qui frappent nos régions », a-t-elle déclaré.
L'ambassadrice a également averti que le changement climatique accroît la vulnérabilité du continent africain, exhortant citoyens et gouvernements à adopter une attitude proactive face aux défis environnementaux.
Les défis du continent
Revenant sur les 63 années écoulées depuis la fondation de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), devenue l'Union africaine (UA), Esmeralda Matias a considéré la libération du joug colonial comme la plus grande réussite historique du continent.
Cependant, la diplomate a souligné que, malgré l'indépendance politique, des défis économiques complexes persistent.
À cet égard, elle a déploré le fait que la jeunesse africaine soit, dans de nombreux contextes, « aliénée et endoctrinée par des discours rétrogrades », ce qui entrave le potentiel de renouveau national.
« Si les Africains ne luttent pas pour préserver leurs acquis, ils ne pourront échapper à la situation actuelle. Notre combat est celui du développement, du renforcement et de la protection mutuelle en tant qu'Africains », a affirmé l'ambassadrice.
L'événement culturel, qui a servi de toile de fond à ces déclarations, a été salué par la diplomate comme un espace de célébration de l'identité africaine, de la culture et du rôle des femmes sur le continent.