L'économiste Sameer Sharma remet en cause la Banque de Maurice (BoM) dont la situation financière ne lui permet pas d'absorber une masse monétaire qui a connu, depuis 2019, une expansion largement supérieure à la capacité de ses instruments de stérilisation.
Sameer Sharma qui pointe une anomalie au cœur du bilan de la BoM : les instruments de politique monétaire, censés drainer l'excès de liquidités du système bancaire, stagnent - voire reculent - depuis 2019, tandis que la masse monétaire, elle, s'est considérablement gonflée.
Les bilans officiels de la BoM en attestent. En décembre 2019, le volume des Monetary Policy Instruments inscrits au passif de la banque centrale s'élevait à Rs 118 milliards. En avril 2026, ce même poste s'établit à Rs 112 milliards, soit une contraction nette sur une période de plus de six ans, alors même que la taille totale du bilan de l'institution a quasiment doublé, passant de Rs 276 milliards à Rs 550 milliards.
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La logique de ces instruments est pourtant simple : plus la BoM en émet, plus elle retire de liquidités du circuit bancaire. Or, c'est précisément là que réside le problème. L'économiste est sans ambiguïté : « La vitesse à laquelle la masse monétaire progresse dans le système ne correspond pas aux opérations de stérilisation. » Cette progression tient à deux facteurs : les injections de liquidités liées à la pandémie, puis le normal bank credit.
Pourquoi la BoM n'a-t-elle pas suivi le rythme ? L'économiste avance une explication : le bilan de la BoM est grevé de contraintes qui limitent sa marge d'action. L'institution ne disposerait pas de la latitude nécessaire pour émettre davantage d'instruments de stérilisation et, donc, pour résorber efficacement l'excès de liquidités accumulé dans le système.
C'est ce décalage structurel persistant entre l'expansion de la masse monétaire d'un côté et la stagnation des instruments de stérilisation de l'autre qui expliquerait, selon Sameer Sharma, le dysfonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire. Sameer Sharma conclut : « Cet excès structurel de liquidités provoque un dysfonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire. »