Alors que plusieurs pays africains, notamment l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), font face à une nouvelle flambée d'Ebola, Maurice a décidé de réactiver son plan de réponse opérationnel afin d'éviter toute propagation du virus sur son territoire. Entre contrôles renforcés à l'aéroport, surveillance médicale accrue et coordination avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les autorités mauriciennes assurent suivre la situation «de très près».
RDC et Ouganda : une flambée qui inquiète l'OMS
Selon les derniers chiffres relayés par l'Organisation mondiale de la Santé pour la République démocratique du Congo :
· entre 513 et 750 cas suspects ont été recensés
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· entre 82 et 139 décès suspects ou confirmés ont été enregistrés
· huit cas ont été officiellement confirmés en laboratoire au début de l'alerte internationale. L'OMS a classé le risque comme « très élevé » au niveau national et s'est dite « profondément préoccupée » par l'apparition de cas urbains, les mouvements transfrontaliers et l'absence de vaccin homologué contre cette souche spécifique du virus.
En Ouganda, la situation demeure plus contenue, mais reste sous étroite surveillance avec deux cas confirmés importés depuis la RDC et au moins un décès confirmé à Kampala. Face à la progression de l'épidémie, les États-Unis ont adopté plusieurs mesures drastiques, sans toutefois fermer totalement leurs frontières à la RDC et à l'Ouganda.
Maurice réactive son « Operational Response Plan » À Maurice, les autorités sanitaires ont décidé de remettre en place les protocoles d'urgence face à la menace. Le Dr Fazil Khodabocus a annoncé le lundi 18 mai la réactivation de l'Operational Response Plan contre Ebola. « Comme il s'agit d'un Public Health Emergency of International Concern, nous avons renforcé notre surveillance à l'aéroport et réactivé le preparedness plan», explique-t-il.
Le dispositif comprend notamment un screening systématique et des prises de température à l'aéroport de Plaisance, une surveillance renforcée pendant 21 jours pour les voyageurs provenant des zones à risque, la disponibilité d'équipements de protection individuelle pour les professionnels de santé, la mise en place d'hôpitaux désignés pour accueillir les cas suspects et des capacités de dépistage au laboratoire de Candos.
Le Dr Fazil Khodabocus affirme également que plusieurs scénarios ont été élaborés en cas de détection d'un patient suspect à l'aéroport ou dans un hôtel. «Si une personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola est détectée à l'aéroport et qu'elle revient de RDC ou d'Ouganda, elle sera immédiatement isolée dans un designated hospital pour des tests et un contact tracing sera déclenché », souligne-t-il. Il ajoute que le ministère de la Santé reste en communication quotidienne avec l'OMS afin de suivre l'évolution de la situation internationale et d'adapter les protocoles si nécessaire.
Pas de fermeture des frontières pour l'instant
En déplacement en Afrique du Sud dans le cadre d'une réunion de la SADC, le ministre des Affaires étrangères Ritesh Ramful a indiqué suivre le dossier de près. «Dès que j'ai été informé de la situation en RDC, j'ai appelé le directeur de la santé qui m'a assuré que les protocoles étaient déjà en place à l'aéroport », affirme-t-il. Le ministre écarte toutefois, pour le moment, toute fermeture des frontières mauriciennes. «À ce stade, nous n'allons pas fermer nos frontières. Si jamais les cas augmentent, avec l'avis du ministère de la Santé, nous émettrons des communiqués avec des mesures et des travel advisory. Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour », déclare Ritesh Ramful.
Selon lui, plusieurs ministres africains des Affaires étrangères avec qui il s'est entretenu ont indiqué que les cas augmentaient en RDC, mais que la situation n'était pas encore jugée alarmante.
«Aucun pays n'est à l'abri», prévient Sydney Pierre
Le Junior Minister du Tourisme Sydney Pierre insiste également sur la nécessité d'une vigilance maximale. « Dans le comité mis en place suite à la crise au Moyen-Orient, il y a aussi un représentant du ministère de la Santé en raison des alertes autour du chikungunya, du hantavirus et d'Ebola», explique-t-il. « Nous ne sommes pas à l'abri d'une crise sanitaire. C'est pour cela qu'à l'aéroport les protocoles de santé ont été renforcés de manière stricte et qu'une vigilance particulière est exercée au niveau de l'immigration», affirme Sydney Pierre. Il ajoute : « Si Maurice était touchée par Ebola, cela serait très damaging pour le pays. Aucun pays n'est à l'abri.»