Les médias et les organisations de la société civile sont appelés à jouer un rôle plus actif dans les politiques de sécurité en Afrique de l'Ouest. Réunis les 20 et 21 mai 2026, à Abidjan-Cocody, des acteurs prennent part à un atelier consacré à la réforme et à la gouvernance du secteur de la sécurité. L'objectif est de renforcer une approche plus participative et démocratique des questions sécuritaires.
Cette rencontre, organisée dans le cadre du projet d'Appui à la Cedeao pour la paix, la sécurité et la gouvernance (Epsg), est portée par Expertise France, en partenariat avec la coopération allemande et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Elle rassemble des représentants des médias, des organisations de la société civile ainsi que plusieurs acteurs engagés dans les questions de gouvernance, de démocratie et de paix.
À l'ouverture des travaux, le chef du projet Epsg, Oswald Padounou, a rappelé que le Cadre de politique de la Cedeao relatif à la Réforme et à la gouvernance du secteur de la sécurité (Rgss), adopté en 2016 à Dakar, demeure encore méconnu dans plusieurs États membres. Selon lui, si certains pays ont déjà intégré les principes de gouvernance sécuritaire prônés par l'organisation sous-régionale, d'autres accusent encore un retard dans leur appropriation.
« L'objectif est de favoriser une meilleure compréhension du cadre Rgss et de créer un espace d'échange entre les différents acteurs impliqués dans les réformes sécuritaires », a-t-il expliqué.
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Pour le responsable du projet, cet atelier doit surtout permettre aux médias et aux organisations de la société civile de mieux s'approprier cet instrument politique stratégique afin d'accroître leur contribution au contrôle démocratique des politiques publiques de sécurité.
Le Cadre de politique de réforme et de gouvernance du secteur de la sécurité constitue un référentiel destiné aussi bien aux États membres qu'aux institutions communautaires et aux partenaires techniques. Il définit des orientations pour l'élaboration, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques sécuritaires, en mettant l'accent sur des principes tels que la transparence, la responsabilité et le respect de l'État de droit.
Le texte prévoit également des mécanismes de partage d'expériences, de formation et de renforcement des capacités afin d'accompagner les pays ouest-africains dans leurs processus de réforme du secteur sécuritaire.
Mis en œuvre par un consortium composé de la Giz et d'Expertise France, le projet Epsg représente la troisième phase de l'appui de l'Union européenne à la Cedeao dans les domaines de la paix et de la sécurité. Il couvre la période allant de décembre 2024 à décembre 2027 grâce à un financement conjoint de l'Union européenne et du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement.
Dans un contexte régional marqué par la montée du désordre informationnel, les organisateurs estiment indispensables de renforcer l'implication des médias et des organisations citoyennes dans les mécanismes de gouvernance sécuritaire. « La participation citoyenne et le contrôle démocratique sont essentiels à une gouvernance sécuritaire efficace et inclusive », a insisté Oswald Padounou.
À l'issue de l'atelier, les participants disposeront d'une meilleure maîtrise du cadre Rgss, identifieront les avancées enregistrées dans la sous-région, mais aussi les défis persistants liés aux réformes sécuritaires.