Ile Maurice: Échanges tendus entre le ministre Nagalingum et le député Quirin

L'instauration éventuelle d'un National Cadet Corps (NCC) à Maurice a provoqué des échanges particulièrement tendus, mardi à l'Assemblée nationale, entre le ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, et le député de Beau Bassin/Petite Rivière, Franco Quirin.

Le parlementaire de l'opposition interrogeait le ministre sur la récente mission d'une délégation mauricienne auprès du National Cadet Corps de l'Inde, dans l'État du Maharashtra. Dans sa réponse, Deven Nagalingum a expliqué que le gouvernement souhaite mettre en place à Maurice une structure inspirée du modèle indien afin de promouvoir «la discipline, le leadership, la citoyenneté, le patriotisme et la responsabilité civique» chez les jeunes.

Le ministre a indiqué qu'une délégation de haut niveau s'était rendue en Inde du 19 au 25 avril dernier afin d'étudier le fonctionnement du NCC indien avant toute mise en oeuvre à Maurice. Cette délégation comprenait notamment la secrétaire permanente par intérim de son ministère, un Deputy Commissioner of Police ainsi que son conseiller aux affaires sociales et politiques, Darma Mootien. C'est précisément la présence de ce dernier qui a fait monter la tension dans l'hémicycle.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Tout en reconnaissant «le côté positif de ce programme», Franco Quirin a demandé pourquoi le ministre avait choisi d'envoyer «son Advisor, de surcroît un agent politique», plutôt qu'un technicien de la section jeunesse du ministère. Le député a également voulu savoir si l'on devait en déduire que cet Advisor serait amené à implémenter le projet à la place des cadres techniques du ministère.

Visiblement agacé, Deven Nagalingum a sèchement répliqué : «Nous savons qui sont les personnes compétentes pouvant nous conseiller à leur retour à Maurice. Nous n'avons donc aucune leçon à recevoir de qui que ce soit.»

Le ministre a ensuite défendu le rôle de Darma Mootien, affirmant que ce dernier possède «un parcours reconnu» et qu'il a déjà travaillé comme conseiller auprès d'un ancien Premier ministre présent dans l'hémicycle. S'adressant directement au député de l'opposition, il a lancé : «Avant de poser une question, vous devriez connaître les personnes capables de contribuer au pays.»

L'échange s'est davantage envenimé lorsque le ministre a ajouté : «Tout le monde fait de la politique dans ce pays. Alors, devrais-je avoir honte d'envoyer quelqu'un qui est politiquement...»

Le Deputy Speaker a alors dû intervenir pour calmer les débats, interrompant le ministre.

Mais Deven Nagalingum ne s'est pas arrêté là. Alors qu'il tentait de poursuivre son intervention, il a lancé à Franco Quirin : «Please, do your homework before you come to the House.» Une remarque qui a immédiatement suscité la réaction du député, lequel a rétorqué : «Je n'ai aucune leçon à recevoir de l'honorable ministre.»

Franco Quirin est ensuite revenu à la charge en demandant si les propos du ministre signifiaient qu'«au niveau des techniciens de la section jeunesse de son ministère, il n'y a pas de personne compétente» capable de participer à ce projet et de contribuer ensuite à sa mise en oeuvre.

Le ministre a alors conclu sur une nouvelle pique : «Peut-être qu'un jour, lorsque vous deviendrez ministre de la Jeunesse et des Sports, vous pourrez choisir qui vous voulez. Mais pour l'instant (...) nous avons fait le bon choix.»

Au-delà de la passe d'armes politique, le ministre a confirmé que le gouvernement envisage la signature d'un Memorandum of Understanding avec les autorités indiennes afin d'obtenir un soutien technique et matériel pour le futur NCC mauricien. Un comité de pilotage regroupant plusieurs institutions mauriciennes devrait également être mis sur pied dans les prochaines semaines afin de poursuivre les travaux préparatoires du projet.

Mauritius Recreation Council (Depuis le 1eᣴ Juillet 2025) : 23 activités, programmes et événements ont été organisés pour un coût total de Rs 5,54 millions

Le fonctionnement et les dépenses du Mauritius Recreation Council (MRC) ont fait l'objet d'une question parlementaire adressée par le député de Beau Bassin/Petite Rivière, Franco Quirin, mardi dernier. Les débats ont notamment porté sur les activités organisées depuis juillet 2025, leur financement ainsi que les critères de collaboration avec les ONG et associations sportives.

D'entrée, Franco Quirin a demandé au ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, de détailler les dépenses engagées pour les activités, programmes et événements organisés par le MRC depuis le 1eᣴ juillet 2025. Il souhaitait notamment connaître «la nature des activités, les lieux où elles se sont tenues, le nombre de participants ainsi que les ONG, associations et clubs ayant collaboré».

Dans sa réponse, Nagalingum a rappelé que le Mauritius Recreation Council est «un organisme parapublic relevant du ministère de la Jeunesse et des Sports» créé sous le Mauritius Recreational Council Act 2021. Selon lui, le rôle principal du MRC est «la promotion et l'organisation des activités récréatives à Maurice».

Le ministre a indiqué que les activités du Conseil sont financées par son ministère ainsi que par le Loto Fund. «Le MRC a organisé des activités dans plusieurs régions qui n'étaient auparavant pas desservies», a-t-il affirmé, tout en précisant que ces activités concernent aussi bien les sports récréatifs que les loisirs destinés à différentes catégories d'âge.

Deven Nagalingum a révélé que depuis le 1er juillet 2025, «23 activités, programmes et événements ont été organisés à travers l'île» pour un coût total de Rs 5,54 millions entièrement couvert par le budget du MRC. Il a également ajouté que l'organisme avait collaboré avec d'autres associations, agences et ONG dans le cadre de «127 activités sportives et de loisirs récréatifs» organisées à travers le pays.

Le ministre a ensuite annoncé qu'il déposerait à l'Assemblée nationale les détails concernant les activités organisées, les lieux, les participants, les organismes collaborateurs ainsi que les contributions financières et sponsorings reçus.

Franco Quirin a ensuite recentré les débats sur la question de la transparence dans l'octroi des contrats liés aux activités du MRC, notamment pour «l'allocation d'équipements et les prestations de services».

En réponse, Deven Nagalingum a assuré que «des officiers chargés des achats s'occupent des procédures d'approvisionnement» et que «toutes les activités sont correctement gérées au sein du Conseil».

Le député indépendant a alors abordé la question de l'impact social des programmes organisés par le MRC, particulièrement dans les régions touchées par le fléau de la drogue. Franco Quirin a demandé si «une évaluation indépendante» avait été réalisée afin de mesurer les effets réels de ces activités sur la jeunesse.

Le ministre a évité de répondre directement sur l'existence d'une telle évaluation, préférant renvoyer le député aux documents qui seront déposés à l'Assemblée. «S'il consulte les documents que je vais déposer, l'honorable membre verra ce que nous avons accompli», a déclaré Deven Nagalingum.

Insatisfait de cette réponse, Franco Quirin est revenu à la charge. «Ma question est simple», a-t-il insisté, reprochant au ministre d'avoir «répondu totalement à côté» avant de demander quels étaient les critères utilisés pour sélectionner les ONG, associations et clubs bénéficiant d'une collaboration avec le MRC.

Deven Nagalingum a expliqué que les organisations concernées «existent déjà depuis longtemps» et que le MRC travaille avec elles dans le cadre de ses activités. Le ministre a également rejeté les critiques du député. «Je ne suis pas à côté de la plaque», a-t-il lancé avant d'inviter Franco Quirin à consulter les documents qui seront déposés.

Alors que le député insistait pour obtenir des précisions sur les critères de sélection, le ministre a conclu en affirmant que les informations étaient «tellement volumineuses» qu'il ne pouvait «prendre le temps de la Chambre pour détailler cela un par un».

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.