Le sourire ne l'a presque jamais quittée. Ni avant le départ ni pendant les 22 kilomètres du Nature Trail des Seychelles ni même après avoir franchi la ligne d'arrivée à Grande-Anse, le dimanche 17 mai. À 66 ans, la Mauricienne Pamela Mootien a une nouvelle fois prouvé que la passion du sport n'a pas d'âge. Engagée pour la première fois sur cette compétition seychelloise avec comme point de départ le Constance Ephelia, elle a terminé à une remarquable dixième place au classement féminin et surtout première dans la catégorie Masters 3.
Mais derrière cette performance sportive, se cache avant tout une aventure profondément humaine. Car cette course, la sexagénaire ne l'a pas courue uniquement pour elle. Dès les premières heures de la matinée, avant même le coup d'envoi, elle avait déjà une pensée pour sa soeur disparue il y a quelques années et qui vivait aux Seychelles. «C'est pour elle que je fais cette course. Pour lui rendre hommage», confie-t-elle avec émotion.
Une fois lancée sur le parcours, la Mauricienne s'est rapidement plongée dans sa bulle. Malgré les passages techniques, les rochers glissants et les montées exigeantes, elle a gardé le cap. «L'objectif était surtout de terminer saine et sauve, et si possible, sous les quatre heures», explique-t-elle dans un éclat de rire, toujours aussi rayonnante après l'effort. «On m'avait prévenue que le parcours allait être difficile. Il fallait parfois s'accrocher aux cordes pour avancer. Mais je suis arrivée.»
Pamela Mootien et son époux, Yanon Mootien, partagent la joie d'une course réussie, marquée par l'émotion et la performance.
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Ce mental de battante, Pamela Mootien ne l'a pas construit par hasard. Bien avant de devenir traileuse, elle a marqué le volley-ball mauricien. Ancienne joueuse des mythiques Jaimies et membre de la sélection nationale à plusieurs reprises, elle a longtemps porté les couleurs mauriciennes avec fierté. À son époque, dit-elle, la soif de victoire était différente. «On ne voulait jamais laisser filer une médaille d'or», lance-t-elle avec nostalgie, en évoquant notamment la finale de la Coupe d'Afrique des nations disputée face au Kenya en 1992. Après cette riche carrière dans le volley-ball, elle s'est tournée vers le trail il y a plus d'une décennie. Une manière de continuer à bouger, mais aussi de découvrir autrement les paysages mauriciens. *«Mon époux venait m'encourager sur les courses. Puis, je lui ai demandé de m'accompagner.
Finalement, lui aussi s'est lancé»*, raconte-t-elle en souriant, aux côtés de son mari, Yanon Mootien, également présent aux Seychelles. Habituée des sentiers mauriciens, elle n'a jamais manqué non plus une édition du Trail de Rodrigues, qu'elle décrit comme une expérience totalement différente. «Là-bas, il fait plus chaud et le terrain est beaucoup plus sec.»
À travers son parcours, Pamela Mootien incarne aujourd'hui un exemple de persévérance pour les plus jeunes. D'autant plus marquant que de nombreux participants, pourtant plus jeunes qu'elle, ont terminé loin derrière lors de cette épreuve seychelloise. Toutefois, l'ancienne volleyeuse regrette un certain manque d'ambition dans le sport actuel. «Aujourd'hui, on ne ressent plus toujours cette envie d'aller chercher l'or lors des compétitions inter-îles», estime-t-elle.
Et malgré les années, il n'est pas question pour elle de ralentir. «Le trail reste difficile, quel que soit le parcours. Il faut être prudent, aimer vraiment cette discipline et respecter la montagne. Mais quand on arrive en hauteur et qu'on découvre ces paysages. Cela vaut tous les efforts», dit-elle. Avant d'ajouter, amusée : «J'ai même pris le temps de faire une petite pause photo là-haut.» Une pause à l'image de Pamela Mootien : pleine de vie, de simplicité et d'amour pour le sport.