Afrique: Le Canada restitue 210 pièces archéologiques à la Tunisie

TUNIS — Un lot de 210 pièces archéologiques originaires du site archéologique de Carthage a été restitué à la Tunisie par la mission archéologique canadienne, a annoncé lundi l'Institut National du Patrimoine (INP).

L'opération, menée sous l'égide du ministère des Affaires culturelles, s'est concrétisée le 23 mai 2026 en coordination avec le professeur Jeremy Rossiter, directeur de la mission canadienne, a indiqué l'INP dans un communiqué publié dans l'après-midi sur son réseau social officiel. Le lot récupéré se compose de 105 pièces de monnaie en cuivre et de 105 fragments de lampes en poterie.

Ces artefacts avaient été exportés temporairement dans les années 1990 dans le cadre des campagnes archéologiques internationales de l'UNESCO sur le site de Carthage. Ils proviennent de fouilles scientifiques menées par l'équipe canadienne entre 1994 et 1999.

À leur arrivée sur le territoire national, les objets ont été pris en charge par les services douaniers de l'aéroport international de Tunis-Carthage avant d'être transférés et sécurisés dans les dépôts de conservation du site archéologique de Carthage, a précisé l'institut.

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Selon les rapports de la Campagne internationale de sauvegarde de l'UNESCO et les publications académiques de l'Université de l'Alberta (Canada), ces objets documentent la période de l'Antiquité tardive en Afrique du Nord. Les fragments de lampes à huile correspondent à la production de céramique sigillée claire africaine (IVe-VIIe siècles), caractérisée par ses motifs chrétiens et géométriques.

Les pièces en cuivre, identifiées comme des nummi (au singulier : nummus), désignent la petite monnaie de bronze ou de cuivre utilisée au quotidien pendant la fin de l'Empire romain, l'époque vandale et la période byzantine (du IVe au VIIe siècle). Contrairement au solidus (la pièce d'or des riches et des impôts), le nummus servait à acheter le pain, les légumes ou l'huile au marché.

Les recherches de l'Université de l'Alberta soulignent que ces pièces, frappées par l'atelier officiel de Carthage, sont utilisées par les archéologues comme repères chronologiques pour dater l'évolution des quartiers urbains.

Cette restitution s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale pilotée par l'INP, visant à rapatrier les biens culturels tunisiens faisant l'objet de conventions d'exportation temporaire à l'étranger.

Cette démarche intervient alors que l'UNESCO a renforcé l'application de la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. L'organisation a notamment mis en place de nouvelles directives pour l'harmonisation des procédures de retour bilatérales entre les États parties et les institutions académiques internationales.

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