Comores: Le décès brutal d'une jeune femme relance le débat sur l'application de la peine de mort

Aux Comores, la mort de Naïcha Mmadi Abdou continue de provoquer une forte émotion et relance le débat sur l'application de la peine de mort. La jeune femme de 22 ans, disparue depuis plusieurs jours, a été retrouvée morte, le 22 mai 2026, dans des circonstances particulièrement violentes. Selon plusieurs témoignages sur place, elle aurait été violée, tuée puis brûlée. À Foumbouni, d'où elle est originaire, des jeunes ont brièvement barricadé la route menant à la ville et le siège local de la gendarmerie a été incendié. Sur les réseaux sociaux plusieurs internautes réclament l'application de la peine de mort laquelle, est toujours en vigueur. Un débat qui divise l'opinion.

Dans les textes, la peine de mort reste en vigueur. Mais aucune exécution n'a eu lieu depuis plus de 25 ans aux Comores. Pour une partie de l'opinion, cela affaiblit la portée des condamnations.

Figure connue du barreau national, l'avocat Fahmi Saïd Ibrahim El Maceli estime que le contexte actuel impose une réponse plus ferme : « L'emprisonnement, même à vie, n'est pas suffisamment dissuasif et ce d'autant que notre prison n'est pas adaptée pour qu'un criminel puisse exécuter le reste de sa vie dans cette maison d'arrêt. Et je suis convaincu que si on venait à exécuter les peines même déjà prononcées, nous dissuaderions le passage à l'acte. Je suis convaincu. »

L'avocat reconnaît le risque d'erreur judiciaire, mais considère que face à de tels crimes, la justice ne doit pas transiger.

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Renforcer la prévention

À l'inverse, d'autres estiment que la peine de mort ne règle rien. Avocate engagée sur les questions de droits des femmes et de protection des victimes, Faïzat Saïd Bacar appelle plutôt à renforcer la prévention et l'exécution effective des décisions judiciaires : « La peine de mort donne l'illusion d'une réponse forte, mais cette réponse est occasionnelle et elle ne traite pas les causes de la violence. Pourtant, si on veut réduire durablement et de manière conséquente ces violences, il ne suffit pas de mieux punir après coup, il faut qu'on agisse sur les causes, sur les facteurs de risque et sur les normes sociales qui permettent à ces violences de se produire. »

Naïcha avait 22 ans. Selon plusieurs témoignages, elle s'était rendue chez un homme le 19 mai dans le cadre de la vente d'un ordinateur. Portée disparue peu après, son corps a finalement été retrouvé vendredi dernier. Cet homme, présenté comme le principal suspect dans l'enquête, a été interpellé avec plusieurs autres personnes soupçonnées d'être impliquées.

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