Le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans la gestion des risques climatiques. Le Conseil des ministres a donné son feu vert à l'adoption du National Protocol on Heavy and Torrential Rain for Mauritius, un cadre national destiné à harmoniser les mesures à appliquer lors des épisodes de fortes pluies et de pluies torrentielles.
Selon les nouvelles dispositions, lorsqu'un avertissement de fortes pluies sera émis par les Mauritius Meteorological Services, les employés devront poursuivre leurs activités jusqu'à ce qu'un communiqué officiel du National Crisis Committee (NCC) ordonne soit l'évacuation des lieux, soit de rester à l'abri. En revanche, en cas d'avertissement de pluies torrentielles, les employés - à l'exception des services d'urgence - ne seront pas tenus de se rendre au travail. Les employeurs devront alors immédiatement libérer leurs salariés sans attendre de directive du NCC.
Le protocole précise également que la reprise des activités ne pourra se faire qu'après un communiqué du NCC confirmant que l'on peut circuler en sécurité. Les écoles, garderies et universités continueront, quant à elles, de fonctionner selon les décisions prises par les ministères concernés. Toutefois, avant l'entrée en vigueur officielle de ce dispositif, des amendements devront être apportés à l'Employment Rights Act ainsi qu'aux lois sur la gestion des catastrophes.
Pour le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, cette mesure représente une avancée importante pour la protection des travailleurs. Selon lui, les fonctionnaires bénéficient déjà de certaines pro- tections grâce aux circulaires gouvernementales, contraire- ment aux employés du privé qui continuent souvent à risquer leur vie pour rejoindre leur lieu de travail. «Le MLC réclamait depuis longtemps un protocole applicable à tous les employés sans distinction», souligne-t-il.
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Le syndicaliste estime toutefois que plusieurs zones d'ombre devront être éclaircies avant l'application concrète du protocole. Il insiste notamment sur la nécessité de définir précisément ce qui constitue un «service d'urgence». Si la police, les hôpitaux, les prisons ou encore les pompiers apparaissent comme des évidences, d'autres secteurs pourraient revendiquer ce statut.
«Les employeurs du privé pourraient avancer que leurs entreprises fournissent des services essentiels ou qu'ils doivent honorer des commandes à l'étranger», prévient-il. Des interrogations demeurent ainsi concernant les transports publics, les supermarchés, les boulangeries ou encore d'autres services destinés au public.
Du côté de Rezistans ek Alternativ (ReA), cette annonce est accueillie avec satisfaction. Sur sa page Facebook, le parti de gauche estime qu'il s'agit d'une décision longtemps réclamée par les travailleurs et les syndicats afin de mettre fin à «l'anarchie» lors des épisodes de pluies torrentielles. ReA salue également la future présence de représentants syndicaux au sein du National Risk Reduction Management Council, estimant qu'il est essentiel que les intérêts des travailleurs soient pris en compte dans les décisions liées aux catastrophes naturelles.