La hausse du taux directeur de 4,50 % à 4,75 % décidée par le Monetary Policy Committee (MPC) de la Banque de Maurice a provoqué de vifs échanges à l'Assemblée nationale lors de la Private Notice Question du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre Navin Ramgoolam, ce mardi 26 mai.
Le chef du gouvernement a défendu cette décision en affirmant que la Banque de Maurice agit désormais de manière totalement indépendante, sans intervention politique. Selon lui, les politiques appliquées sous l'ancien gouvernement ont contribué à une forte dégradation de la situation économique, notamment à travers une création excessive de liquidités.
Navin Ramgoolam a expliqué que la hausse du taux directeur vise à contenir les pressions inflationnistes dans un contexte marqué par la flambée des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques internationales. Selon les prévisions de la Banque de Maurice, l'inflation pourrait atteindre 5,5 % cette année, au-dessus de la fourchette cible de 2 % à 5 %.
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Le Premier ministre a également évoqué l'impact direct sur les ménages. À fin mars 2026, les prêts en roupies détenus par les ménages atteignaient Rs 202,2 milliards, avec un taux d'intérêt moyen de 6,8 %. Il a indiqué qu'un prêt de Rs 500 000 pourrait entraîner environ Rs 1 250 supplémentaires par an en intérêts si les banques répercutent entièrement la hausse du taux directeur.
Parallèlement, Navin Ramgoolam a souligné que les ménages détenaient aussi Rs 457,1 milliards en dépôts transférables. Les épargnants pourraient ainsi bénéficier d'une hausse des intérêts sur leurs dépôts bancaires.
Joe Lesjongard a critiqué l'absence de mesures de soutien pour les familles confrontées à la hausse du coût de la vie et des taux d'intérêt. Il a également averti que les PME risquent de subir davantage de pressions avec des coûts d'emprunt plus élevés et un ralentissement économique.