La Banque africaine de développement, Africa 50 et des dirigeants africains se penchent sur le recyclage des actifs publics en capital pour investir dans les infrastructures prioritaires

25 Mai 2026
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African Development Bank (Abidjan)

Plusieurs ministres africains, responsables d'institutions financières internationales et acteurs du secteur privé ont réfléchi, lundi 24 mai à Brazzaville, aux mécanismes permettant de transformer les actifs publics en capital afin de financer des infrastructures prioritaires.

Ces échanges ont eu lieu lors d'une table ronde intitulée « Transformer les actifs publics en capital : débloquer le potentiel de recyclage des actifs en Afrique », organisée par la plateforme d'investissement Africa50, en collaboration avec le Groupe de la Banque africaine de développement, aux 61e Assemblées annuelles de l'institution panafricaine de financement du développement qui se tiennent du 24 au 29 mai, à Brazzaville, au Congo.

Avec de nombreux pays africains confrontés à des pressions croissantes liées à la dette, à des budgets publics plus contraints et à des chocs externes toujours plus fréquents, la question est de savoir comment financer de manière plus stratégique et plus durable les infrastructures, qui sont essentielles pour stimuler la croissance, soutenir la compétitivité, renforcer l'intégration régionale et créer des emplois.

Lors de cette table ronde, les intervenants ont estimé que les pays africains devaient stimuler le recyclage des actifs publics, un mécanisme qui consiste pour les États à valoriser ou céder certains actifs existants -- routes, ports, aéroports ou réseaux énergétiques -- afin de mobiliser des ressources financières destinées à de nouveaux projets.

Les participants ont souligné que cette approche pourra contribuer à réduire le déficit de financement des infrastructures en Afrique, estimé par la Banque africaine de développement à 150 milliards de dollars par an, tout en attirant davantage d'investissements privés dans des secteurs jugés stratégiques pour la croissance économique du continent.

« Le recyclage des actifs est essentiel. Il offre aux gouvernements un moyen concret de valoriser des actifs publics arrivés à maturité, d'attirer des capitaux privés ainsi que de l'expertise, et de réinvestir les recettes générées dans de nouvelles infrastructures prioritaires », a souligné le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, qui a prononcé le discours d'ouverture.

Il a précisé que le Groupe de la Banque voulait soutenir les pays africains à rendre le recyclage des actifs investissable, évolutif, véritablement axé sur le développement et porteur d'impact.

Pour Alain Ebobissé, directeur général d'Africa50, la question du recyclage des actifs publics ne se pose plus mais il convient « de déterminer comment les recycler de manière transparente, et plus utilement ».

Tous les intervenants ont reconnu que le continent disposait d'actifs, d'institutions et d'importants réservoirs de capitaux à long terme, dont les ressources issues du recyclage devraient servir non pas à combler des déficits budgétaires mais à constituer des sources durables et renouvelables pour le financement du développement.

Au Sénégal, où la dette publique avoisine « 119 à 120 % » du Produit intérieur brut, selon le ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, un inventaire récent a révélé que 40 % des actifs pourraient être recyclés pour réduire de façon substantielle le déficit et alléger la dette de l'État. « Certains actifs pourront être cédés au secteur privé pour réduire le risque souverain du Sénégal, d'autres actifs ne sont pas matures », a-t-il expliqué.

Son homologue de la Côte d'Ivoire, Souleymane Diarrassouba, ministre du Plan et du Développement, a insisté sur la nécessité de réformer pour attirer les investisseurs. Il a souligné que le Fonds souverain récemment créé par le gouvernement ivoirien pourrait servir d'instrument pour l'investissement dans les grands travaux d'infrastructure.

Le ministre des Affaires économiques et du Développement de la Mauritanie, Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidia, a, pour sa part, mis en évidence les ports et les ressources énergétiques comme d'importants actifs capables de participer à des investissements structurants dans les infrastructures et de stimuler le développement des PME.

Le président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) Abdullah Almusaibeeh, a indiqué que son institution était ouverte à un partenariat incluant le secteur privé pour appuyer les pays africains à innover en matière de mobilisation des ressources.

Le directeur général de l'Assurance pour le développement du commerce et de l'investissement en Afrique (ATIDI acronyme en anglais pour African Trade & Investment Development Insurance), Manuel Moses, a appelé, de son côté, les gouvernements africains à travailler à mieux sécuriser les recyclables de leurs actifs publics et à investir les produits qui en sont issus là où les populations en ont le plus besoin.

D'autres ministres présents à l'évènement ont insisté sur la nécessité de constituer des portefeuilles de projets crédibles et d'améliorer la préparation des transactions.

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