Le Maroc est confronté au défi de développer un réseau de transports performant afin de franchir un nouveau palier de croissance, de renforcer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales et d'améliorer la mobilité des populations.
Pour y répondre, le pays a déployé une approche intégrée de développement des réseaux routiers, autoroutiers, portuaires, ferroviaires et aéroportuaires, soutenue ces dernières décennies par le Groupe de la Banque africaine de développement.
« Les infrastructures de nouvelle génération redessinent le Maroc : elles rapprochent les territoires, fluidifient les mobilités et renforcent sa performance logistique. Des routes aux ports, du rail aux aéroports, chaque investissement contribue à bâtir une économie plus intégrée, plus compétitive et ouverte sur le monde, portée par un partenariat stratégique avec le Royaume », affirme le responsable-pays pour le Maroc, Achraf Tarsim.
Routes rurales : désenclaver et connecter les territoires
Le développement du réseau routier rural joue un rôle clé dans le désenclavement des territoires. À cet égard, le Groupe de la Banque africaine de développement a soutenu les deux phases du Programme national des routes rurales, pour un total de 90 millions d'euros, permettant la réalisation de plus de 26 000 kilomètres de routes rurales. Le développement de ce linéaire a permis de désenclaver plus 80% du monde rural.
Ces infrastructures ont facilité l'accès aux services de base, stimulé les activités agricoles et commerciales locales et contribué à améliorer la mobilité de millions d'habitants.
Autoroutes : structurer les corridors économiques et fluidifier les échanges
Le Maroc a également déployé des infrastructures autoroutières destinées à renforcer la mobilité interrégionale et à soutenir les échanges économiques.
L'autoroute Marrakech-Agadir a permis de réduire le temps de déplacement d'environ deux heures entre les deux villes, tout en dynamisant les échanges économiques, agricoles et touristiques. Soutenu par la Banque africaine de développement à hauteur de plus de 118 millions d'euros, ce projet s'est distingué par une approche environnementale intégrant la replantation d'environ 221 000 arganiers sur 920 hectares.
Dans la même logique, l'autoroute Guercif-Nador, en cours de réalisation, permettra de connecter la région de l'Oriental au réseau national et au futur complexe portuaire de Nador West Med, facilitant les échanges industriels et commerciaux et améliorant la mobilité des personnes et des marchandises. La Banque contribue au financement de ce projet à hauteur de 229 millions d'euros.
Nador West Med : un pôle logistique et industriel structurant pour l'Oriental
Depuis 2015, l'institution panafricaine a mobilisé près de 290 millions d'euros pour la réalisation du complexe portuaire de Nador West Med, avec l'ambition de positionner le Maroc sur les grandes routes du commerce africain et international.
Ce futur hub maritime contribuera à optimiser les chaînes logistiques entre l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Ouest et à accompagner la mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Dans cette dynamique, la création de la zone industrielle de Bétoya, également financée par le Groupe de la Banque, viendra renforcer l'attractivité économique de la région de l'Oriental à travers le développement de chaînes de valeur industrielles et logistiques.
Vers un hub aérien régional compétitif
Afin d'accompagner la croissance du trafic aérien, le Maroc a engagé une modernisation ambitieuse de ses infrastructures aéroportuaires pour consolider son positionnement comme hub régional entre l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.
Dans ce cadre, le Groupe de la Banque a mobilisé 240 millions d'euros pour financer le troisième programme aéroportuaire, destiné à soutenir la modernisation des principales plateformes du Royaume.
Les capacités de l'aéroport de Marrakech-Ménara sont ainsi passées de 6 à environ 9 millions de passagers par an, tandis que l'aéroport de Fès-Saïss a vu sa capacité quintupler pour atteindre environ 2,5 millions de passagers, contribuant au développement économique et touristique de la région Fès-Meknès.
À Rabat, le Groupe de la Banque africaine de développement a accordé un financement de plus de 109 millions d'euros pour soutenir l'extension et la modernisation de l'aéroport, afin de répondre à une croissance du trafic aérien estimée à 6 % par an. Ce projet permettra de quadrupler les capacités de traitement des passagers et du fret, de renforcer la compétitivité de la zone économique Rabat-Salé et de générer des centaines d'emplois directs.
Par ailleurs, la modernisation du contrôle aérien à Agadir permet de traiter jusqu'à 2 000 vols par jour lors des pics d'activité, soit une augmentation d'environ 30 % de la capacité opérationnelle, tout en générant des gains environnementaux significatifs, avec l'évitement de 27 000 tonnes de CO₂ par an et des économies pouvant atteindre 176 000 tonnes de kérosène.
Enfin, un financement de 270 millions d'euros a été approuvé en 2025 pour la modernisation des aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès, incluant la modernisation des systèmes de navigation, la digitalisation des opérations et le renforcement des dispositifs de sûreté.
Ferroviaire : moderniser le rail pour renforcer la mobilité et la compétitivité logistique
Le réseau ferroviaire marocain a fait l'objet d'une transformation, soutenue par le Groupe de la Banque à travers un financement d'environ 300 millions d'euros en faveur de l'Office national des chemins de fer.
Le programme a permis de renforcer la capacité ferroviaire sur l'axe Tanger-Marrakech par la création de nouvelles voies, la modernisation des systèmes de signalisation et la réalisation d'infrastructures majeures, dont la gare de Casa Port. Le dédoublement et le triplement de plusieurs sections stratégiques, ainsi que la mise en place d'un centre centralisé de gestion du trafic, ont amélioré la capacité, la sécurité et la régularité des circulations. Résultats : une hausse significative du trafic passagers et fret, avec le doublement du nombre de trains de marchandises en circulation quotidienne.
Ces investissements ont accompagné la transformation du rail marocain, illustrée par la mise en service de la première ligne à grande vitesse du continent africain reliant Tanger à Casablanca en un peu plus de deux heures.
Ces investissements structurants sont en train de faire ladifférence améliorant l'attractivité des territoires, la mobilité et la compétitivité logistique du Maroc.