Au Congo, la révolution verte transforme le paysage agricole

26 Mai 2026
Contenu d'un Partenaire Premium
African Development Bank (Abidjan)
announcement

Pendant des décennies, dans le département de la Bouenza, au sud de la République du Congo, les agriculteurs vivaient essentiellement d'une agriculture de subsistance. Armés de houes et cultivant de petites parcelles de manioc ou d'arachide, ils peinaient à produire suffisamment pour nourrir leurs familles. Les faibles rendements et le manque d'équipements limitaient fortement les perspectives de développement des communautés rurales.

« S'il faut comparer ceci à ce que nous faisions avant, c'est comme le jour et la nuit », se souvient aujourd'hui, le regard brillant, Sandrine Mobakou, membre du groupement « Bokosongosite » , de la Zone Agricole protégée de Ngolonga, dans le Département de Boueza .

Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, cette réalité évolue progressivement grâce au Projet de développement intégré des chaînes de valeur agricoles (PRODIVAC). Financé à hauteur de 73,2 millions d'euros (48 milliards de francs CFA) par le Groupe de la Banque africaine de développement, il renforce la sécurité alimentaire et accélère la transformation agricole dans les départements du Pool, des Plateaux, de la Bouenza et du Niari. Il bénéficie également d'un financement de 8 millions de dollars du Programme d'investissement forestier des Fonds d'investissement climatiques (CIF), visant à intégrer des critères de durabilité environnementale et de résilience climatique dans le développement agricole, avec un impact déjà positif sur plus de 39 000 bénéficiaires en milieu rural.

« L'objectif du PRODIVAC est de renforcer la production agricole, développer l'entrepreneuriat local et améliorer les capacités des jeunes et des institutions », explique Célestine Mengue Medou, experte en charge du portefeuille agriculture au Bureau de liaison de la Banque africaine de développement au Congo.

Le projet investit dans le développement des compétences avec près de 600 jeunes formés aux nouvelles technologies agricoles afin de favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'entrepreneurs agricoles.

Pour Pierre Yves Kibamba, président du groupement « La Semence » à Loudima, ces formations représentent une véritable opportunité de transmission des connaissances au sein des communautés rurales.

À la Zone agricole protégée (ZAP) de Ngolonga, dans la Bouenza, les effets du projet sont visibles. Les tracteurs et semoirs ont remplacé houes et machettes, preuve d'une mécanisation agricole progressive. Les producteurs bénéficient également d'intrants et de semences améliorées afin d'augmenter les rendements et renforcer leur résilience face aux aléas climatiques.

Prolongé de deux années supplémentaires pour s'achever en 2027, le projet initialement prévu pour cinq ans bénéficiera à terme à plus de 50 000 producteurs ruraux qui profiteront de la diffusion des nouvelles technologies et des meilleures pratiques agricoles. Les cultures de maïs jaune et le maraîchage offrent désormais de nouvelles perspectives économiques aux producteurs locaux.

« En agriculture, pour développer une activité rentable, il faut pouvoir produire à grande échelle et disposer d'équipements adaptés », souligne le coordonnateur du PRODIVAC, Marcel Nzemba.

Pour Joseph Mouanda, président de la ZAP de Ngolonga, les changements sont concrets. Son groupement a cultivé un demi-hectare de poivrons générant près de 9,8 millions de francs CFA environ 16 000 dollars américains) de recettes, ce qui lui a permis de financer les études de son enfant à l'étranger.

Nzambi Basile, président du groupement « Maboko na Ntoto », explique que son exploitation est passée de 4 à 15 hectares, avec des rendements atteignant environ quatre tonnes par hectare. « PRODIVAC met à disposition des intrants et les champs sont labourés gratuitement », souligne-t-il.

Au-delà de l'augmentation des revenus, le projet favorise également l'inclusion financière grâce à l'ouverture de comptes bancaires pour les producteurs. Kimbassa Alésia Michaelle Nguimbi souligne que l'amélioration s'est traduite par l'ouverture de sa propre boutique, signe d'une autonomie économique croissante.

Cette dynamique répond à un enjeu majeur pour le pays : réduire la dépendance alimentaire tout en renforçant la résilience face aux changements climatiques. Avec une population majoritairement urbaine et un secteur agricole encore confronté à de nombreux défis, le renforcement de la production locale constitue une priorité stratégique pour la République du Congo.

Pour le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, Paul Valentin Ngobo, l'ambition est claire : « Notre objectif est d'atteindre 20 000 hectares de maïs cultivés et de produire localement les semences à partir de 2027. »

À travers l'extension des superficies cultivées, la mise en place de centres de stockage et le renforcement des capacités des services agricoles, la République du Congo poursuit ses efforts vers une plus grande souveraineté alimentaire.

À Ngolonga, à Loudima et dans les autres zones d'intervention du projet, l'agriculture devient progressivement un moteur de transformation économique et sociale, porteur d'espoir pour les communautés rurales et pour l'avenir du pays.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.