En Guinée, J-5 avant les élections législatives et communales. Les élections de 147 députés et 342 maires sont prévues ce dimanche 31 mai. Alors que la Direction générale des élections a reçu une partie du matériel de vote ce lundi et a promis des résultats rapides, les réactions se multiplient. Un front de la société civile a ainsi appelé au boycott alors qu'au sein de l'Église, des voix se font entendre pour demander un débat constructif avec toutes les voix du pays.
C'est lors d'une messe ce dimanche à Nzérékoré en Guinée forestière que Monseigneur Raphaël Balla Guilavogui s'est exprimé. L'évêque de la ville estime que faire « taire des voix », notamment celles des acteurs politiques, n'est pas la solution pour construire la Guinée : « Nous sommes tous fils d'un même pays. Notre diversité doit être pour nous une richesse, au lieu que ce soit l'occasion d'une division. Que les élections soient aussi transparentes sans que l'on cherche à taire les voix discordantes. »
Beaucoup plus virulentes, les Forces vives de Guinée, qui regroupent les principaux partis d'opposition et des ONG de la société civile, notamment le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), appellent au boycott des scrutins. « C'est un appel au peuple de Guinée de boycotter. La junte au pouvoir n'a plus de limites. Les partis politiques sont dissous, pointe Djiba Camara, le porte-parole du FNDC en France. Aujourd'hui, il n'y a pas de voix dissonantes. Il est impossible de critiquer de quelque façon que ce soit les actes posés par le régime. Et donc là, on est dans un état de non-droit. »
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Alors que les ONG critiquent le calendrier, Djénabou Touré, la directrice de la Direction générale des élections, a indiqué : « Nous allons fêter la Tabaski mais aller voter est tout aussi important pour participer à la mise en place des institutions essentielles au développement de la Guinée ».
