Tunisie: Cimetière de Sidi Amor au Kram - Quand l'abandon remplace le recueillement

Entre absence de coordination des services de tutelle, laisser-aller administratif et prolifération de pratiques anarchiques, le cimetière de Sidi Amor au Kram illustre l'ampleur du délabrement qui touche certains espaces publics.

Le délabrement de certains cimetières a atteint un niveau tel que se recueillir sur la tombe d'un proche devient, pour de nombreuses familles, une pénible épreuve. Le moment de recueillement cède rapidement la place à la stupeur, puis à la colère, face à l'état d'abandon des lieux et à l'absence flagrante des autorités concernées.

C'est notamment le cas du cimetière de Sidi Amor, relevant de la commune du Kram. Dès l'entrée, le constat est accablant : saleté, absence d'entretien, manque total de suivi et sentiment général de laisser-aller. Un lieu censé inspirer respect et sérénité donne plutôt l'image d'un espace abandonné à lui-même.

Plus troublant encore, des individus présents sur place interpellent les visiteurs de manière parfois agressive, proposant le nettoyage des tombes contre des sommes d'argent. Une situation qui illustre, aux yeux des habitants, le vide laissé par les services de tutelle et la privatisation de fait d'une mission relevant pourtant du service public.

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Le manque de coordination entre les différentes structures concernées saute aux yeux, au point que personne ne semble réellement assumer la gestion du site. Chacun se renvoie la responsabilité tandis que les citoyens, eux, continuent de subir cette situation indigne. Sans vouloir désigner un responsable unique, de nombreux habitants du Kram dénoncent une nonchalance administrative devenue insupportable. Ils s'interrogent sur la capacité des autorités à reprendre la main sur ces espaces publics laissés à l'abandon et se demandent s'il faudra attendre l'intervention de hauts responsables pour que la gravité de la situation soit enfin reconnue.

Récemment nommée à la tête du secrétariat général de la municipalité du Kram, la nouvelle responsable aurait découvert de nombreux dépassements et dysfonctionnements au sein des services municipaux, selon plusieurs informations concordantes. Parmi les dossiers prioritaires figure notamment la situation préoccupante du cimetière de Sidi Amor ainsi que d'autres cimetières relevant de la commune.

La nouvelle secrétaire générale aurait engagé une démarche de remise en ordre afin de mettre fin aux pratiques anarchiques et au laisser-aller qui ont marqué la gestion de ces espaces durant des années. Une mission qui s'annonce toutefois délicate, tant les intérêts en jeu semblent importants.

Plusieurs habitants espèrent désormais qu'elle parviendra à colmater les brèches et à rétablir un minimum d'ordre et de dignité, malgré les résistances de certaines parties ayant largement profité de cette situation, notamment des entrepreneurs peu scrupuleux davantage préoccupés par leurs gains que par l'intérêt des citoyens et le respect des lieux.

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