Face à l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en cours en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, une nouvelle consultation scientifique d'urgence est organisée ce vendredi 22 mai en ligne. Le Consortium de recherche sur les filovirus, dirigé par l'Agence française de recherche scientifique en collaboration avec le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), fait le point sur les outils à disposition contre le virus.
À la mi-journée ce 22 mai, les experts faisaient un état des lieux des connaissances sur ce virus Bundibugyo, les connaissances sur ce sujet, les vaccins candidats, les traitements, et les outils de diagnostic.
Il s'agit aujourd'hui d'avancer sur plusieurs points, d'identifier les lacunes, de discuter des actions prioritaires pour accélérer les efforts de recherche et d'appuyer la riposte. Les enjeux et les temporalités sont différentes : sauver des vies, contenir la diffusion du virus et protéger sur la durée.
Traitement par voie intraveineuse testé
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Il a été question, dans cette réunion mondiale virtuelle, du dépistage et de comment optimiser les méthodes pour tester et identifier les malades. Du côté des médicaments spécifiquement adaptés à ce virus Bundibugyo, un traitement par voie intraveineuse a déjà été testé sur des singes en laboratoire.
L'enjeu est de définir une stratégie pour voir comment évaluer ce traitement sur des patients humains. Dans le même temps, il s'agit de financer une production pour que, à la fin de l'étude clinique, il y ait assez de doses à un prix abordable pour les organisations humanitairespour pouvoir soigner.
Côté vaccins, il y a plusieurs pistes sur lesquelles les experts doivent échanger. L'une d'elle consisterait à associer le vaccin existant contre le variant Zaïre Ebola et celui contre le variant Soudan Ebola pour administrer une dose de chaque à deux semaines d'écart et développer un vaccin spécifique contre Bundibugyo.
Des recherches sont déjà en cours. Là, encore, il faut financer recherche, études cliniques, production de doses.
« On aura besoin de beaucoup plus de moyens », estime le docteur Jean Kaseya
Alors que l'épidémie d'Ebola continue de progresser dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), l'agence sanitaire de l'Union africaine, Africa CDC, est en première ligne au plus près des patients. Son directeur, le médecin congolais Jean Kaseya, s'est rendu dans la ville de Bunia jeudi 21 mai pour s'enquérir de la situation sur le front de l'épidémie. Selon l'épidémiologiste, joint par Sophiane Amazian du service Afrique de RFI, la RDC sait comment gérer une épidémie d'Ebola, mais l'aide internationale est tout de même bienvenue notamment concernant les financements.
« La RDC a des experts et, je peux même le dire sans me tromper : le plus grand expert d'Ebola au monde se trouve en RDC. Tout ce dont la RDC manquait, ce sont les médicaments et les vaccins, et puis des financements adéquats. Ce que je demande aux pays occidentaux, c'est d'abord de se dire "Fermer les frontières, ce n'est pas ça ce qui doit être fait". Deuxièmement, de se dire "Nous avons, nous, pays occidentaux, failli pendant 19 ans. Nous n'avons pas aidé à développer les vaccins, les médicaments contre cette maladie qui tue des centaines et des centaines de personnes, parfois des milliers de personnes." Les mesures de santé publique coûtent cher. Les pays africains veulent bien investir, mais on aura besoin de beaucoup plus de moyens. Et donc, si les autres pays peuvent venir pour mettre la main aux investissements des pays africains, c'est cela qui sera la voie de sortie. »
Jean Kaseya a également confirmé l'organisation par Africa CDC d'une réunion transfrontalière, samedi 23 mai du côté de Kampala. Seront présents les ministres de la Santé congolais, sud-soudanais et ougandais.