Afrique du Nord: L'Algérie clarifie sa position sur le Sahara occidental

L'Algérie clarifie sa position sur le dossier épineux du Sahara occidental. Lors d'un discours dimanche dernier, pour célébrer la Journée mondiale de l'Afrique, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, est revenu sur les derniers mois de négociations concernant le Sahara occidental. Alger se dit satisfait de l'avancée des discussions, tout en maintenant ses positions initiales.

« L'Algérie salue favorablement le processus de négociation lancé en début d'année, sous l'égide conjointe des Nations unies et des États-Unis », affirme Ahmed Attaf.

Alger, qui participe directement aux discussions encadrées par les États-Unis, pousse donc pour une résolution rapide et espère « sincèrement et avec ferveur que les négociations aboutiront à une solution juste et définitive à la question du Sahara occidental ».

De prime abord donc l'Algérie, par la voix de son chef de la diplomatie, semble faire un pas avant, mais n'entend pas entamer des discussions avec comme base le plan d'autonomie marocain.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Les négociations doivent être menées d'une manière « qui doit garantir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination », explique Ahmed Attaf.

Alors que les discussions sont quasiment au point mort depuis plusieurs semaines, l'Algérie a tenu à rappeler son rôle à la table des négociations, où figurent, en plus des États-Unis et du Maroc, la Mauritanie et le Front Polisario.

« L'Algérie et la Mauritanie participent à ce processus en tant que pays voisins des parties du conflit et en tant qu'observatrices du processus politique », une manière de marquer une distance vis-à-vis de ces négociations.

La position algérienne a-t-elle vraiment changé ?

Entre ouverture et fermeté, la position algérienne sur la question du Sahara occidental reste complexe, selon Ricardo Fabiani, chercheur à l'International Crisis Group : « L'Algérie a tenu à clarifier et continue de soutenir le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ».

Selon le chercheur, « il faut donc arrêter de croire aux illusions d'un compromis basé exclusivement sur le plan d'autonomie marocain », point de départ des discussions menées par Washington ces derniers mois.

Alors que le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, a tenu à saluer les avancées des négociations sous l'égide des États-Unis et de l'ONU, l'objectif, selon Ricardo Fabiani, est d'« entretenir la relation renaissante avec Washington et Massad Boulos, le conseiller Afrique de la Maison Blanche. L'Algérie montre qu'elle est heureuse de participer à ces négociations ».

Une contradiction, pour le chercheur : « D'un côté l'Algérie veut établir une ligne rouge plutôt nette que le Maroc et les États-Unis doivent prendre en compte, de l'autre, vu que ni Donald Trump ni Marco Rubio ne sont à l'initiative, le refus algérien ne devrait pas miner les relations avec Washington ».

Un entre-deux qui ne change pas le fond du blocage des négociations, quasiment au point mort ces dernières semaines.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.