Au Sénégal, l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale à 132 voix sur 133 exprimées mardi malgré un boycott de l'opposition et quatre jours à peine après avoir été limogé par le président Bassirou Diomaye Faye. Ce retour en force en tant que deuxième personnage de l'État annonce une période d'incertitude politique, alors que le pays est dans l'attente d'un nouveau gouvernement.
« Un limogeage n'est pas synonyme de déshonneur politique », a d'emblée assuré Ousmane Sonko mardi, se prévalant d'une « légitimité populaire ». Combattif à son habitude, il aura fallu moins de quatre jours à l'ex-Premier ministre pour rebondir et revenir en force à la tête du pouvoir législatif.
Dans un discours qui s'est voulu comme une main tendue vers l'exécutif, Ousmane Sonko a assuré qu'il n'y aurait pas de « blocage », pas de « vendetta personnelle » ni de « chaos institutionnel » mais un « contrôle strict de l'action gouvernementale » et la possibilité d'utiliser « tous les leviers de contre-pouvoir » à sa disposition en cas de désaccord.
Une cohabitation « inédite »
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Ousmane Sonko dessine ainsi les contours d'une cohabitation qui se veut constructive et « inédite » analyse le politologue Ellimane Haby Kane à la tête du think tank Legs Africa selon lequel Ousmane Sonko « met les manières » mais veut en réalité « contrôler l'exécutif ».
Pour preuve, le reproche fait au président Bassirou Diomaye Faye que le Pastef n'ait pas été consulté sur la nomination du Premier ministre et du futur gouvernement, le bras de fer va se poursuivre, assure l'analyste.
Dès mardi soir, un communiqué du Pastef faisait état de certaines prises de contact avec des membres du parti par la présidence en vue de la formation d'un gouvernement avant de poser des conditions à sa participation.
«On a voulu installer notre président de parti en tant que président de l'Assemblée nationale, cela a éyté fait»