Au Tchad, une vive polémique oppose actuellement le corps judiciaire au ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration, Ali Ahmat Aghabache. En cause : le ministre a appelé ses services à déchirer certaines décisions de justice et à les jeter au visage de leurs bénéficiaires. Des propos largement relayés sur les réseaux sociaux tchadiens. En réponse, des syndicats de magistrats tchadiens ont porté plainte contre le ministre.
Lors d'une assemblée générale organisé ce mardi 26 mai, les magistrats ont décidé de maintenir leur plainte contre Ali Ahmat Aghabache, ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration .
Les deux syndicats de magistrats, le SMT et le SYMAT « condamnent de manière unanime les propos jugés ostentatoires du ministre ». Ils estiment qu'ils portent « atteinte à la dignité du corps de la magistrature » et appellent les autorités de la République à prendre leur responsabilité dans cette affaire.
Des magistrats dénoncent un mépris des institutions judiciaires
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Les propos du ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration ont provoqué une vive indignation dans les milieux judiciaires et politiques. De nombreuses voix s'élèvent contre ce qu'ils estiment être un mépris des institution judiciaires mais aussi une incitation à violer la loi.
Pour Raphaël Ponga Nguemangue, conseiller du Syndicat autonome des magistrats du Tchad, « ces propos n'offensent pas seulement les magistrats » mais aussi « l'institution judiciaire reconnue par la Constitution ». Il appelle à « la poursuite du ministre de la sécurité devant l'instance judiciaire ».
« Ces propos offensent l'institution judiciaire », selon Raphaël Ponga Nguemangue
Un délai de dix jours accordé au pouvoir tchadien
Malgré les excuses transmises par le Premier ministre au nom du gouvernement ainsi qu'une lettre du ministre concerné lue devant l'assemblée générale des syndicats, les magistrats ont choisi de maintenir leur procédure judiciaire. Ils demandent désormais aux hautes autorités de prendre leurs responsabilités afin de préserver l'indépendance et la dignité de la justice tchadienne.
Un délai de dix jours est accordé au pouvoir tchadien pour réagir avant une nouvelle évaluation de la situation début juin.