Une réunion a eu lieu à Juba à l'initiative du ministère de la Santé mardi 26 mai, afin de faire le point sur la préparation et la coordination des différents acteurs de la santé face à l'arrivée très probable du virus sur le territoire. Le gouvernement a présenté un plan sur trois mois, chiffré à 7,3 millions de dollars, pour mettre à niveau les capacités du pays à faire face à l'épidémie. Mais le déploiement de moyens concrets sur le terrain ne fait en réalité que commencer.
Face à une potentielle épidémie d'Ebola, dont le nombre de cas croit en RDC voisine, le niveau de préparation du Soudan du Sud n'est estimé qu'à 29 % par les autorités. Le pays ne part certes pas de zéro : un laboratoire national capable d'effectuer les tests, ainsi qu'un centre d'isolement, existent à Juba.
Mais les autorités sont bien conscientes de l'ampleur des préparatifs nécessaires pour éviter une catastrophe. « Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun cas confirmé au Soudan du Sud, mais nous sommes très inquiets car nos frontières sont poreuses avec la RDC comme avec l'Ouganda », a alerté Luke Thomson Thoan, ministre de la Santé, « nous souhaitons être prêts si un pic épidémique devait apparaître. »
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Le Docteur Humphrey Karamagi, représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Soudan du Sud, explique que 15 comtés au total sont considérés comme à haut risque. « La difficulté des zones frontalières c'est que nous savons qu'il y a beaucoup de points de passage informels. Donc même si nous établissons des contrôles sanitaires aux postes frontières, les gens traversent à pleins d'autres endroits », explique-t-il.
Selon lui, il est nécessaire que d'autres zones que celles qui bordent la frontière soient considérées. « C'est pourquoi nous ne nous limitons pas à la frontière. Nous allons un peu plus loin, là où les gens ont tendance à se rassembler après avoir passé la frontière, pour effectuer des contrôles », informe le médecin. Des équipes sont en train d'être déployées pour tenter d'intercepter des voyageurs potentiellement porteurs du virus.
Les autorités misent également sur une sensibilisation des communautés aux mesures de protection, et notamment aux enterrements sécurisés. Et ce afin de couper court à toute hostilité de la population, comme cela a pu être le cas en RDC.