Niger: Services de base au pays - Stocks plus stables, financement accéléré et personnel mieux formé

communiqué de presse

LES POINTS MARQUANTS

  • Les pénuries de médicaments essentiels dans la région de Maradi au Niger ont considérablement diminué, le nombre de jours de rupture de stock passant de 16 en 2022 à 5 en 2025, améliorant ainsi les résultats en matière de santé des enfants.
  • Le programme de gestion du secteur public au service de la résilience et de la prestation de services conditionne les financements à des résultats concrets, en veillant à ce que les dispensaires et les écoles reçoivent les fournitures dont ils ont tant besoin.
  • Des politiques de déploiement transparentes et fondées sur des incitations facilitent le recrutement et le maintien en poste d'enseignants et d'agents de santé dans les régions mal desservies. Entre 2022 et 2025, environ 5 958 employés temporaires ont transporté et déchargé des médicaments, des vaccins et des fournitures scolaires pendant les périodes de pointe.

À Dan Gaourou, un village de la région de Maradi au Niger, situé à quelque 600 kilomètres de la capitale Niamey, Salamatou Hassan se souvient de ce que signifiait avoir un enfant malade.

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« Autrefois, nos enfants souffraient de nombreuses maladies dont nous ignorions souvent la cause », se souvient-elle. « Nous essayions de voir le médecin au centre de santé, mais parfois le centre n'avait ni personnel ni médicaments. Nos enfants demeuraient malades et la tristesse envahissait nos maisons. »

Mère de trois enfants, Salamatou cultive et élève du petit bétail -- trois béliers et deux chèvres -- et, comme la plupart des familles de sa communauté, le bien-être de son ménage dépend d'un accès fiable à des services de base. Pendant des années, cette fiabilité a fait défaut : les centres de santé se trouvaient à court de médicaments essentiels, les écoles ouvraient sans cahiers, manuels scolaires ou crayons, et les enseignants et les agents de santé étaient rares, souvent réticents à être affectés dans des zones éloignées de la capitale.

Pour des familles comme celle de Salamatou, l'accès aux services sociaux de base peut être un combat quotidien, car les centres de santé et les écoles manquent souvent de produits de première nécessité, en partie à cause de financements tardifs ou insuffisants et de procédures d'achat complexes.

L'impact est immédiat : lorsque les médicaments essentiels sont en rupture de stock, il devient extrêmement difficile de se faire soigner, surtout dans les zones où les agents de santé sont trop peu nombreux. Dans le secteur de l'éducation, les classes surchargées et le matériel d'apprentissage limité signifient que les enfants partagent ce qu'ils peuvent et que les enseignants travaillent avec moins d'outils qu'ils n'en ont besoin.

Lorsque le centre de santé a tout ce dont nos enfants ont besoin, nous pouvons nous concentrer sur notre travail et nos enfants peuvent récupérer plus vite et retourner à l'école. Salamatou Hassan

Une façon différente de dépenser

Pour relever ces défis, le Gouvernement nigérien, avec le soutien financier et technique de la Banque mondiale, a lancé en 2022 le Programme de gestion du secteur public pour la résilience et la prestation de services. Plutôt que d'orienter les fonds uniquement vers les intrants, le programme adopte une approche de Programme pour les résultats (PforR) : le financement est lié à des réalisations concrètes et vérifiables sur le terrain, et s'appuie sur les systèmes et processus nationaux.

Les déblocages budgétaires destinés aux ministères de la Santé et de l'Éducation ne sont plus des affectations « sur papier » : elles se traduisent par l'achat de grandes quantités de fournitures dans les établissements, le déploiement du personnel là où il est nécessaire, et une meilleure visibilité des budgets et des plans de travail pour les bureaux locaux.

Les résultats, mesurés sur trois ans, sont frappants.

Le nombre moyen de jours de rupture de stock de médicaments essentiels dans les centres de santé est passé de 16 jours en 2022 à seulement 5 jours en 2025. La quantité de fournitures scolaires achetées est passée de 839 tonnes en 2023 à 2 031 tonnes en 2025 , soit une augmentation de 142 %. Pour des familles comme celle de Salamatou, ce ne sont pas que des statistiques. Il s'agit d'un enfant qui se rétablit à la clinique locale et un autre qui est transporté des heures durant vers un établissement éloigné, ou entre un élève qui a un manuel scolaire et celui qui n'en a pas.

« Lorsque le centre de santé a tout ce dont nos enfants ont besoin, explique Salamatou, nous pouvons nous concentrer sur notre travail et nos enfants peuvent récupérer plus vite et retourner à l'école. »

S'approvisionner sur place et créer des emplois en cours de route

L'achat de médicaments et de matériels scolaires n'est qu'une partie du défi. Dans un pays aussi vaste et géographiquement dispersé que le Niger, acheminer ces fournitures vers les communautés éloignées nécessite des personnes : des agents employés à charger, transporter et décharger des marchandises pendant les fortes vagues de campagnes de vaccination et les saisons de rentrée scolaire.

Depuis 2022, le programme a mobilisé environ 5 958 agents temporaires à travers le Niger à cette fin, passant de 1 248 en 2022 à 1 770 en 2025. Rien que dans la région de Maradi, on estime à 340 le nombre de personnes mobilisées pour décharger les médicaments et les vaccins en 2025. Il s'agit là de rôles de soutien ponctuel à court terme, mais cela montre comment le renforcement des systèmes publics peut créer des emplois locaux immédiats tout en améliorant la fiabilité des services essentiels qui sous-tendent la productivité et le capital humain.

Pour le Groupe de la Banque mondiale, cette dimension du programme traduit une conviction fondamentale : investir dans les systèmes de santé et d'éducation ne se limite pas aux services. Il s'agit de créer des conditions économiques propices à la création d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Avec plus de 1,2 milliard de jeunes qui devraient entrer sur le marché du travail dans les pays en développement au cours de la prochaine décennie, il est essentiel d'intégrer la création d'emplois à tous les niveaux des programmes de développement, y compris les chaînes d'approvisionnement.

Déployer les enseignants et les agents de santé là où ils sont nécessaires

Au-delà des fournitures, la prestation de services dépend des personnes. Le programme soutient également une meilleure gestion du déploiement du personnel, notamment des critères de mobilité plus clairs et plus transparents pour les enseignants, une étape importante pour garantir que les zones mal desservies ne sont pas laissées pour compte.

Une vision globale

Pour Salamatou et sa famille, le changement se fait sentir dans des moments ordinaires : un enfant soigné rapidement, une année scolaire qui commence avec un crayon à la main, un après-midi passé à s'occuper du bétail plutôt qu'à chercher des soins. Ces moments, multipliés par des milliers de communautés, sont le fondement sur lequel se construit le capital humain -- et sur lequel reposera la main-d'oeuvre future du Niger..

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