Sénégal: Les académies, pierre angulaire des succès en sélections (1/10)

Le Sénégal se montre de plus en plus régulier dans les compétitions continentales et mondiales. Cette année, le pays joue sa troisième Coupe du monde d'affilée. Finaliste de trois des quatre dernières Can, il en a remporté deux. Sans oublier les U17 et les U20 sacrés en 2023 ainsi que la victoire au Chan en 2022. Le foot local, à travers les centres de formation qui se multiplient, a largement contribué à cette régularité dans l'excellence.

De 1960 à 2020, le football sénégalais, malgré de belles générations, n'avait rien pu remporter. Le palmarès vierge du pays apparaissait comme une grosse anomalie. Face à de grosses cylindrées du continent africain comme l'Égypte, le Cameroun, le Ghana, le Nigéria, le Sénégal apparaissait comme un nain dans le landerneau du football. L'irrégularité de la sélection A, qui a raté plusieurs Can, et l'absence totale des sélections de jeunes dans les compétitions continentales donnaient peu de crédibilité au pays de feu Jules-François Bocandé. C'est vers les années 2000, avec la naissance des centres de formation, qu'on assistera à un regain de forme dans le football sénégalais.

Le centre de formation Aldo-Gentina, alors partenaire de Monaco, a pu donner des joueurs comme Salif Diao, Moussa Ndiaye, Amdy Faye, Tony Silva... qui, avec l'appui de binationaux, ont réussi une belle campagne en 2000 au Nigéria et au Ghana, avant la belle épopée de 2002 au Cameroun et le Mondial de la même année. Aldo Gentina, comme une oasis dans le désert, n'a pas pu abreuver comme il le fallait le football sénégalais qui connaîtra à nouveau, après le succès de 2002, des échecs à la Can en 2004 en Tunisie, 2006 en Égypte, 2008 au Ghana.

Absent en 2010 en Angola, le Sénégal a connu l'une de ses plus grosses débâcles en Coupe d'Afrique en 2012, en Guinée équatoriale et au Gabon.

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Il a fallu l'ascension de centres de formation comme Diambars, Génération Foot, créés au début des années 2000, pour stopper l'hémorragie. Ces académies ont façonné des joueurs comme Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye, Saliou Ciss, Kara Mbodji, Pape Ndiaye Souaré, Ismaïla Sarr, Pape Matar Sarr... qui ont écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football sénégalais avec le sacre continental en 2022 au Cameroun.

En petites catégories, le Sénégal s'appuie aussi sur les pépites sorties des centres de formation. Diambars et Génération Foot, Dakar Sacré-Coeur, Oslo Fa, Darou Salam... ont aidé le Sénégal a disputé trois finales de Can U20 successives, malheureusement perdues contre le Nigéria (2015), la Zambie (2017) et le Mali (2019). Cela a finalement payé en 2023 avec le trophée remporté en Égypte par la bande à Lamine Camara (Génération Foot), Pape Demba Diop (Diambars), Mame Mor Faye (Darou Salam), Alpha Touré (Génération Foot), Djibril Diarra (Génération Foot), Seydou Sano (Dakar Sacré-Coeur), Pape Amadou Diallo (Génération Foot), Ibou Sané (Génération Foot), Mamou Ndiaye (Oslo Fa), Souleymane Basse (Génération Foot), Amidou Diop (Génération Foot).

Chez les U17, le Sénégal s'était qualifié pour la première fois en Can en 2011 au Rwanda. Il aura fallu attendre 2019 en Tanzanie pour se qualifier à nouveau. Devenu plus régulier, le pays décroche le trophée en 2023, en Algérie, en battant le Maroc (2-1). Ce sacre porte encore l'empreinte des centres de formation avec des talents comme Amara Diouf (Génération Foot), Yaya Diémé (Diambars), Lassane Traoré (Diambars), Ibrahima Diallo (Génération Foot), Serigne Diouf (Génération Foot), Macoura Mboup (Génération Foot), Fallou Fall (Dakar Sacré-Coeur), Joseph Namatane (Génération Foot)... Cette régularité du Sénégal dans les compétitions continentales et internationales, notamment chez les jeunes, est en grande partie due aux efforts des académies qui alimentent les différentes sélections nationales.

Pour Pape Ibrahima Faye, ancien sélectionneur de l'équipe nationale U17 et actuel chargé de la détection à Diambars, ce sont les centres de formation qui facilitent la tâche aux équipes nationales. « Pour les Sénégalais lambdas, quand on fait les présélections ou les sélections, ils peuvent critiquer en se demandant pourquoi on ne prend que les centres de formation.

Mais nous savons tous que ces dernières années, les résultats obtenus sont à 80% dus aux centres de formation. Ils sont incontournables. Ce qu'ils font comme travail de base, quelqu'un qui n'a pas les moyens, qui ne peut pas prendre un jeune pendant X heures de temps de travail par semaine, ne peut pas le réussir », justifie-t-il. « Même le Maroc que vous voyez, regorge d'académies comme Diambars, Génération Foot.

N'eussent été ces centres de formation, jusqu'à présent, le football sénégalais n'aurait jamais atteint ce niveau de préformation et de formation. Il faut tirer le chapeau à tous ceux qui sont à la tête de ces structures. On peut en citer Mady Touré et Saër Seck », renchérit-il.

Bassouaré Diaby, directeur de Génération Foot, estime que l'apport des centres de formation est indéniable. Mais, pour lui, il ne faut surtout pas occulter le travail des entraîneurs, car ce sont eux qui forment les bons joueurs. « L'analyse d'une performance est multifactorielle. Je suis le responsable de la formation des entraîneurs au niveau de la Direction technique nationale.

Les joueurs, ce sont les entraîneurs qui les forment. Il y a une corrélation entre le niveau des résultats d'une nation et la formation des entraîneurs », explique-t-il. Donc, soutient-il, si les entraîneurs ne sont pas bien formés, les joueurs ne seront pas bien formés. « Il faut encourager l'initiative privée, parce que les gens mettent leur argent dans le football pour qu'ils forment des joueurs. Quand ils le font bien, les sélections nationales vont en bénéficier », indique-t-il.

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