Afrique: En Afrique du Sud, des centaines de Ghanéens fuient le pays face aux tensions xénophobes

Des migrants (Photos d'illustration)

Près de 300 Ghanéens ont quitté le sol sud-africain mercredi 27 mai tôt dans la matinée, dans un vol de rapatriement organisé par Accra. Il s'agit du premier vol de ce type, depuis la recrudescence de tensions xénophobes, ces derniers mois, et la multiplication des manifestations, parfois violentes.

Sur le trottoir, Comfort veille sur une pile de bagages. Elle tenait un salon de coiffure dans une petite ville sud-africaine, mais désormais, elle attend d'être transférée à l'aéroport avec sa famille « Je veux rentrer au Ghana », confie-t-elle, « j'ai peur, l'Afrique du Sud c'est trop pour moi, je veux rentrer à la maison. »

Ces dernières semaines, une vague xénophobe et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant un Ghanéen être pris à partie dans la rue par des militants, ont décidé certains ressortissants du pays d'Afrique de l'Ouest à plier bagage et à accepter l'offre faite par leur gouvernement de les ramener chez eux. C'est pourquoi la cour de l'ambassade a été transformée en centre d'enregistrement. Plus de 800 demandes de rapatriement ont déjà été déposées, alors qu'environ 16 000 Ghanéens vivent en Afrique du Sud.

« Il y a des Ghanéens cloîtrés chez eux, qui ne peuvent plus travailler depuis trois semaines, d'autres qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l'école », s'alarme un homme prénommé Ben.

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Benjamin Quashie, le Haut-commissaire sur place - titre donné aux ambassadeurs pour les pays du Commonwealth - précise que sur les « 300 premiers ressortissants enregistrés, près de la moitié sont ici de façon légale. Et sur le reste, environ 60% ont envoyé leurs documents aux autorités pour des renouvellements, mais sans réponse ». S'il reconnait des défaillances institutionnelles, « l'approche adoptée pour les résoudre n'est pas la bonne », gronde-t-il.

Mustapha, 36 ans, s'était établi comme chauffeur à Pretoria. Père d'un enfant de trois ans, il considère que son devoir est de « protéger sa famille ». « Depuis que je suis arrivé, en 2013, j'ai bien vu que des attaques xénophobes se déroulaient régulièrement. Donc quand ils disent qu'ils vont passer à l'action, je les crois », observe le trentenaire.

Beaucoup redoutent l'ultimatum du 30 juin posé par les organisations qui manifestent contre l'immigration illégale, et les violences qui pourraient se produire ensuite. Le chef de la diplomatie sud-africaine met toutefois en garde contre les fausses informations et les attaques visant son pays, rappelant que, pour l'instant, aucun Ghanéen n'a été tué lors des récentes manifestations. De son côté, le secrétaire général de l'ANC a évoqué mardi 26 mai l'idée d'établir des quotas migratoires et a mis en garde les entreprises qui emploient des étrangers en situation irrégulière.

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