Ile Maurice: Banque du pays - Rs 181,5 Mds imprimées sous l'ancien régime, affirme Ramgoolam

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a vivement rejeté les allégations de l'ancien ministre des Finances,Renganaden Padayachy, lors de la Prime Minister's Question Time au Parlement, hier, selon lesquelles la Banque de Maurice (BoM) aurait imprimé et transféré Rs 83 milliards au gouvernement en 2025. Répondant à une question parlementaire du député Ashley Ramdass, le chef du gouvernement a qualifié ces accusations de «totalement fausses, infondées et malveillantes».

Selon les informations obtenues auprès de la BoM, c'est plutôt sous l'ancien gouvernement que la Banque centrale aurait procédé à une impression monétaire massive atteignant Rs 181,5 milliards. Une partie de cette somme aurait été transférée au gouvernement tandis que le reste aurait servi à financer la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC).

Navin Ramgoolam a détaillé les montants transférés entre 2019 et 2024. Il a indiqué que Rs 18 milliards avaient été versées en décembre 2019 pour le remboursement de la dette extérieure, Rs 15 milliards en avril 2020 via la souscription à une obligation gouvernementale de cinq ans, Rs 55 milliards en août et septembre 2020 comme contribution exceptionnelle au Budget, et Rs 9 milliards accordées sous forme de lignes de crédit à plusieurs institutions publiques, dont la Development Bank of Mauritius. Il a également mentionné un transfert supplémentaire de Rs 3,5 milliards à la National Property Fund Ltd avant 2019.

Le Premier ministre a également affirmé que la MIC avait été entièrement financée par «l'impression de monnaie» à hauteur de Rs 81 milliards. Il a accusé l'ancien gouvernement d'avoir modifié à deux reprises la Bank of Mauritius Act afin de permettre à la Banque centrale de financer directement les dépenses publiques. Une première modification aurait été introduite en 2019 pour autoriser le remboursement de la dette extérieure à travers des fonds imprimés puis, une seconde en 2020, durant la pandémie de Covid-19, pour financer le déficit budgétaire.

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Selon Navin Ramgoolam, cette politique aurait provoqué une explosion des liquidités dans le secteur bancaire et contribué à une inflation culminant à 11,3 % en février 2023. Il a également évoqué une dépréciation de près de 46 % de la roupie face au dollar américain entre décembre 2014 et décembre 2024 ainsi qu'une aggravation du déficit commercial.

Le Premier ministre a aussi sévèrement critiqué la gestion de la MIC, qu'il a décrite comme «une monstruosité financière». Selon lui, cette structure, créée initialement pour soutenir les entreprises systémiques, aurait servi à canaliser d'importantes sommes vers des proches et bénéficiaires liés à l'ancien ministre des Finances.

Face aux accusations récentes concernant les prétendues Rs 83 milliards imprimées en 2025, la BoM aurait entrepris plusieurs démarches. Navin Ramgoolam a expliqué que l'institution a publié un avis public, le 12 mai, afin de réfuter officiellement ces allégations et préciser qu'aucune impression monétaire ni transfert au gouvernement n'avaient eu lieu cette année. La Banque centrale aurait également diffusé des données statistiques et des explications aux médias afin d'éviter toute mauvaise interprétation.

Des communications régulières auraient aussi été maintenues avec les rédactions pour fournir des clarifications supplémentaires.

Le Premier ministre a enfin révélé que la BoM, après consultation de son équipe légale, a fait une déposition auprès du Central Crime Investigation Department (CCID), le 16 mai, concernant ces «informations graves, fausses et malveillantes» attribuées à l'ancien ministre des Finances.

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