Sénégal: Cheikh Moussa Kamara - « Les académies jouent un rôle crucial dans la construction du football de demain » (8/11)

Titulaire d'un diplôme d'éducateur sportif de deuxième degré, de la licence Caf A et B, Cheikh Moussa Kamara, plus connu sous le nom de « Big Boy », a été formateur à l'Institut Diambars, de 2004 à 2024. Actuellement au Jaraaf, le technicien estime que le succès des sélections nationales trouve leur origine dans le travail mené par les académies. Ces réussites donnent de la légitimité au système et renforcent l'envie de continuer à investir dans leurs centres.

Le football sénégalais a le vent en poupe ces dernières années. Entre 2021 et 2025, l'armoire à trophées s'est bien garnie. L'éclosion des académies, qui constituent une porte d'entrée privilégiée vers le football professionnel, n'y est pas étrangère. Les sélections nationales doivent une très grande partie de leur succès à cette expertise. Le constat, selon Cheikh Moussa Kamara « Big Boy », formateur au Jaraaf, est que la plupart des joueurs sénégalais qui évoluent en équipe nationale du Sénégal sont issus des centres de formation. Qu'ils s'appellent Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye, Krépin Diatta, Ismaïla Sarr, Habib Diallo, Pape Matar Sarr, Lamine Camara..., ils sont nombreux à avoir écumé les académies. « Les centres de formation, c'est le petit raccourci qui exige maintenant qu'on passe par ces étapes-là pour pouvoir arriver au plus haut niveau », explique-t-il.

Pour « Big Boy », les académies constituent la base de la formation, de la prise en charge des jeunes. Et aujourd'hui, Cheikh Moussa Kamara est d'avis qu'elles ont joué un rôle non négligeable dans cette embellie du football sénégalais. « Elles ont toujours un rôle à jouer. Ce n'est plus le football de rue comme on le faisait à l'époque. Maintenant, les clubs sont mieux structurés. Ils ont des terrains synthétiques, compétissent en catégories U13, U15 et U17. Les centres de formation sont devenus un petit plus qui permet de dire qu'on est dans le métier du sport », reconnaît-il.

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Le technicien s'est félicité de la prolifération des centres de formation au Sénégal, même si, note-t-il, l'aspect financier a pris le dessus. Pour « Big Boy », il n'y a pas actuellement au monde un pays où les joueurs ne soient pas passés par les centres de formation. « Le football est devenu un métier et à partir de 13 ans, on est dans la formation des métiers du sport. C'est pour ça que dans tous les pays du monde, c'est un peu graduel. Il y a la préformation, la formation et la post-formation », explique-t-il. La finalité, selon lui, est de signer un contrat professionnel pour montrer qu'on a le talent et qu'on peut bien jouer au haut niveau.

« C'est ça le but du jeu », souligne-t-il. La formation, fait-il remarquer, c'est un travail continu et sa conviction est que le joueur inné ne suffit plus maintenant. « Tout est dans le travail. Même les joueurs innés ont besoin de travailler pour montrer leur qualité, leur point fort », explique-t-il en insistant sur l'importance de la préformation qui est la base, la période des acquisitions motrices. « Si on loupe cette étape, on dit que c'est impossible de retrouver tout son potentiel », avertit-il.

Avec la formation, fait-il savoir, le gamin va aller au bout de son potentiel. « Un travail développé doit se faire à ce niveau-là et une fois fait, on a beaucoup de chance de voir ce gamin évoluer au plus haut niveau. Donc la formation, c'est vraiment un processus qu'il faut précipiter selon le désir du coach », relève Cheikh Moussa Kamara.

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