«Accelerating the Transition to a Net-Zero Nature-Positive Economy in Mauritius», (NZNPA). Tel est le projet piloté par le ministère de l'Industrie, des PME et des coopératives, soutenu par la Global Environment Facility et l'United Nations Environment Programme (UNEP).
D'une durée de quatre ans, il vise à accélérer la transition du pays vers une économie à zéro émission nette tout en encourageant des investissements à grande échelle dans le secteur manufacturier. Il prévoit également la mise en place de conditions favorables à l'intégration de solutions fondées sur la nature.
Dans le cadre de ce projet, un atelier réunissant 120 participants issus du secteur public, du secteur privé, d'associations professionnelles et d'entreprises manufacturières a été organisé le 25 mai afin de présenter officiellement le plan de travail, les principales orientations du projet ainsi que les défis pouvant se poser durant sa mise en oeuvre.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Pour le ministre de l'Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea, l'agenda net-zero nature-positive est essentiel. «Le secteur fait face à de multiples pressions liées à l'incertitude mondiale, à la hausse des coûts des intrants et de la logistique, à la dépendance énergétique, à l'évolution de la demande, aux contraintes de compétences et à une concurrence accrue. Ces facteurs affectent les marges, la planification ainsi que la capacité des entreprises à investir pour l'avenir.» De ce fait, le projet représente une «stratégie de compétitivité».
«Pour l'industrie», souligne-t-il, «cela signifie utiliser l'énergie de manière plus efficiente, réduire les déchets, diminuer la dépendance aux intrants importés lorsque cela est possible, et produire de façon à répondre aux attentes des acheteurs internationaux.» La compétitivité industrielle, observe-t-il, évolue à l'échelle mondiale. Les acheteurs internationaux accordent désormais une importance croissante à la qualité, aux délais de livraison, à la traçabilité, à l'efficacité des ressources, à l'impact environnemental ainsi qu'à la crédibilité des systèmes de production. «Maurice ne peut pas concurrencer uniquement sur les coûts. Notre avenir repose sur la qualité, la fiabilité, l'innovation, la production de niche et des procédés plus propres.»
Coopération internationale
Dans cette perspective, le projet NZNPA vise à transformer ces objectifs en actions concrètes et applicables. Il doit avant tout être opérationnel, avec des mesures que les industriels peuvent saisir, financer et mettre en oeuvre. L'enjeu est aussi d'aider les entreprises à réduire leurs coûts, à mieux répondre aux exigences des marchés et à renforcer leur capacité de résilience. Il doit aussi permettre de définir des trajectoires adaptées aux réalités des entreprises, en soutenant l'amélioration de l'efficacité énergétique et matérielle, l'adoption de technologies propres, le développement de l'économie circulaire, la réduction des déchets, l'intégration des énergies renouvelables et la promotion d'initiatives positives pour la nature. «Tout aussi important, il contribuera à créer des conditions favorables à l'investissement. Les entreprises ont besoin de lignes directrices claires, d'un appui technique, de projets bancables et d'institutions capables d'évoluer au rythme du secteur privé», explique le ministre.
La mise en oeuvre du projet s'inscrit également dans une dynamique de coopération internationale. Maurice fait ainsi partie d'une plateforme mondiale coordonnée, qui lui permet d'accéder à des connaissances, des partenariats et des expériences issues d'autres économies engagées dans des transitions similaires. Toutefois, cette ouverture s'accompagne d'une approche adaptée au contexte local. Les solutions resteront alignées sur la réalité mauricienne, notamment la taille de l'économie, la structure industrielle du pays, sa dimension insulaire ainsi que les contraintes auxquelles font face les entreprises.
Par ailleurs, Aadil Ameer Meea insiste sur la nécessité d'une approche pragmatique entre le secteur public et les opérateurs privés. «Vous continuez à faire fonctionner les usines, à maintenir les relations commerciales, à former les travailleurs et à prendre des risques économiques. Le gouvernement doit travailler avec vous de manière concrète et réactive», a-t-il déclaré.