L'Association TunSea pour la science participative a annoncé hier mercredi 27 mai 2026 le signalement d'un spécimen de Physalia physalis, plus connue sous le nom de galère portugaise ou "homme de guerre portugais", sur les côtes du nord-ouest tunisien, dans la région de Tabarka.
L'observation a été réalisée par Oussama Aouacheria et relayée par l'association dans le cadre de ses activités de suivi participatif de la biodiversité marine. TunSea appelle les usagers de la mer à faire preuve de vigilance, tout en mettant en garde contre les discours alarmistes qui circulent sur les réseaux sociaux.
"Pas de buzz ni de panique", insiste TunSea
Face à la multiplication des publications et réactions sur internet, l'association a tenu à clarifier la situation. Depuis le mois de mars, seulement un nombre très limité d'individus de Physalia physalis a été observé sur les côtes tunisiennes, avec un total estimé à moins d'une dizaine de spécimens recensés jusqu'à présent.
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TunSea souligne que ses communications visent avant tout à sensibiliser les citoyens, à informer les baigneurs, pêcheurs et plongeurs et à encourager les bons réflexes en cas d'observation.
L'association rappelle aussi que la présence de méduses, de physalies ou d'autres organismes urticants constitue un phénomène naturel observé dans plusieurs mers du monde, notamment sous l'effet des changements climatiques et des courants marins.
"L'alerte et la prévention sont nécessaires, mais il ne faut pas céder à la peur", explique TunSea, qui appelle plutôt à développer une meilleure connaissance du milieu marin.
Un organisme marin redouté
Souvent confondue avec une méduse, la galère portugaise est en réalité un siphonophore, c'est-à-dire une colonie d'organismes vivant ensemble et agissant comme un seul être vivant.
Reconnaissable à son flotteur bleuté ou violacé à la surface de l'eau, elle possède de longs filaments extrêmement urticants pouvant provoquer de fortes douleurs, des brûlures cutanées, des inflammations importantes et dans certains cas, des réactions graves nécessitant une prise en charge médicale urgente.
TunSea insiste sur un autre point essentiel : même échouée sur la plage et apparemment morte, la physalie peut rester toxique pendant plusieurs heures. L'association recommande ainsi de ne jamais toucher l'organisme, de ne pas s'en approcher et de prévenir les personnes présentes à proximité lorsqu'un spécimen est observé.
Et en cas de contact avec les tentacules, les spécialistes recommandent de garder son calme, d'éviter de frotter la zone touchée et de rincer uniquement avec de l'eau de mer, l'eau douce pouvant aggraver la libération du venin. Les éventuels filaments accrochés à la peau doivent être retirés avec précaution sans contact direct avec les mains. L'association recommande par ailleurs de consulter rapidement un médecin en cas de difficultés respiratoires, vertiges, douleurs importantes ou gonflements sévères.
Attention également aux animaux domestiques
TunSea attire aussi l'attention des propriétaires d'animaux, notamment de chiens, qui peuvent entrer en contact avec la physalie sur les plages.
Selon l'association, un chien peut être exposé en marchant sur l'organisme, en le reniflant, en le léchant ou en l'avalant accidentellement. Les conséquences peuvent inclure : des douleurs aiguës, des inflammations, des gonflements et des troubles respiratoires.
En cas d'exposition, il est recommandé d'éloigner immédiatement l'animal, d'empêcher tout léchage de la zone touchée, de retirer les filaments sans contact direct, de rincer à l'eau de mer sans frotter et de consulter rapidement un vétérinaire.
Une présence déjà signalée sur d'autres plages
Cette nouvelle observation survient après plusieurs signalements enregistrés ces derniers mois sur différentes plages du nord tunisien, notamment dans la région de Bizerte.
Des spécialistes estiment que les vents, les courants marins et certaines évolutions environnementales peuvent favoriser le déplacement de ces organismes vers les côtes méditerranéennes.
Pour TunSea, ces observations démontrent surtout l'importance de la science participative et de la collaboration entre citoyens et scientifiques dans le suivi des écosystèmes marins tunisiens.
L'association conclut enfin par un message simple : "Toute chose inconnue observée en mer ne doit pas être touchée. Photographiez-la et signalez-la."