Maroc: L'Aïd el-Kébir marqué par le retour du sacrifice des moutons

Les Marocains ont pu retrouver cette année le plaisir de fêter la Tabaski avec le rituel du sacrifice. L'année dernière, le roi du Maroc Mohammed VI avait invité ses compatriotes à s'abstenir d'accomplir le sacrifice de l'Aïd el-Kébir, afin de permettre la reconstitution du cheptel et de préserver les porte-monnaies alors que les prix atteignaient des sommets. Une décision extrêmement rare, qui n'avait été prise qu'à trois reprises dans l'histoire récente du Maroc. Si la plupart des fidèles saluent donc ce retour à la tradition, la baisse des prix du bétail tant attendue n'a pas vraiment été observée.

Les rues de Casablanca sont calmes et le trafic est presque inexistant pour l'Aïd el-Kébir. Des effluves de viandes grillées s'échappent des toits-terrasses et des groupes de jeunes s'affairent autour de braseros improvisés, faisant roussir des têtes de moutons.

Ayyoub, 24 ans, regarde ce spectacle avec sourire. Il a sacrifié un mouton ce matin, à l'aube. « Je me sens très heureux, car ma famille est heureuse. L'Aïd, c'est une fête de famille », explique-t-il.

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Le jeune homme, qui a perdu son père, doit prendre en charge les frais de famille pour la fête religieuse. Pour cet Aïd, ses liens familiaux l'ont aidé à acquérir un mouton. « Pour moi, c'est plus facile parce que j'ai de la famille qui habite dans les montagnes et qui possède des moutons, poursuit-il. C'est propre et je sais ce que je consomme. Je leur ai commandé un mouton il y a plus de trois mois, donc je ne l'ai pas acheté cher. »

Le prix du bétail reste élevé au Maroc

Ayyoub a déboursé 3 500 dirhams, soit environ 340 euros, pour son mouton. La semaine dernière, il était vendu parfois le double dans les marchés de Casablanca.

Ce gardien d'immeuble, père de trois enfants, utilise un chalumeau pour faire braiser la tête de mouton dans le garage de la résidence : « Ça fait plaisir. Aïd Moubarak à tous les Marocains et à tous les musulmans ! », lance-t-il.

Cette année, il a puisé dans toutes ses économies pour s'offrir une bête à sacrifier. « L'année dernière, c'est notre roi -- que Dieu le soutienne -- qui a sacrifié pour nous et qui s'est occupé de nous. Cette année, le mouton est disponible à 80 %, mais les gens voient que la viande reste chère, très chère encore. Il y a eu de la pluie cette année et il y a eu des aides de l'État, mais les prix élevés, eux, sont toujours là. »

Malgré une subvention aux acteurs de la filière de plus de 100 millions d'euros, les prix des animaux n'ont pas connu de baisse significative, créant un vif débat dans le pays.

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