Burkina Faso: Une association étudiante suspendue, certains de ses membres interpellés

Au Burkina Faso, l'Union générale des étudiants du Burkina (Ugeb), la plus importante association d'étudiants du pays, a été suspendue pour trois mois, et des leaders, dont le nombre n'a pas été communiqué, ont été interpellés et conduits vers une destination inconnue. En cause: une déclaration du 19 mai, dans laquelle l'association dénonçait le manque de résultats dans le pays sur le plan de la lutte contre le terrorisme, malgré l'acquisition d'importants équipements militaires. Des déclarations qui n'ont pas été du goût des autorités, qui n'ont pas tardé à le faire savoir.

C'est en pleine commémoration du 36e anniversaire de l'assassinat, sous le régime de Blaise Compaoré, de l'étudiant Dabo Boukary, que l'Union générale des étudiants burkinabè (Ugeb) a dénoncé « l'incapacité du régime militaire à rétablir la sécurité », malgré les promesses du capitaine Ibrahim Traoré au moment de sa prise de pouvoir par un coup d'État.

Quelques jours après cette declaration, des individus « non identifiés » habillés en civil et armés ont interpellé de manière « musclée et illégale » des étudiants, dont le président de l'Ugeb, selon une publication de cette association d'étudiants.

L'Ugeb accusée « d'apologie du terrorisme » par le gouvernement

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Des interpellations suivies d'une accusation « d'apologie du terrorisme », puis de la suspension de l'Ugeb, pour trois mois renouvelables, par le ministère de l'Administration territoriale. Durant cette période l'association estudiantine ne pourra mener aucune activité.

Dans la foulée, le procureur du Faso, près le tribunal de grande instance Ouaga2, a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire face à « la gravité » des faits.

Selon le communiqué du procureur, les faits incriminés seraient susceptibles de constituer des infractions prévues et réprimées par le code pénal burkinabè, et pourraient relever d'une « entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité ».

Et le procureur de souligner que « l'apologie publique d'actes de terrorisme » est passible d'une peine d'un à dix ans d'emprisonnement.

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