Ghana: Derrière les rapatriements depuis l'Afrique du Sud, des vies bouleversées par la xénophobie

Plusieurs centaines de ressortissants ghanéens sont arrivés à Accra, au Ghana, ce mercredi 27 mai 2026, en provenance d'Afrique du Sud, dans un contexte de tensions xénophobes visant les étrangers. Ces derniers mois, le pays a vu se multiplier les manifestations antimigrants, sur fond de chômage et de fortes tensions sociales. Avant leur départ, plusieurs Ghanéens ont accepté de raconter ce qu'ils vivent sur place.

En Afrique du Sud, la montée des discours xénophobes et la multiplication des manifestations, parfois violentes, ont conduit ce mercredi 27 mai 2026 au départ de près de 300 Ghanéens, dans un vol de rapatriement organisé par Accra.

Au coeur de la nation arc-en-ciel, certains mouvements accusent les étrangers sans papiers de criminalité et de voler les emplois des Sud-Africains. Lundi 25 mai encore, Pretoria organisait une réunion d'urgence sur ce qu'elle qualifie d'« immigration illégale ».

Certains Ghanéens affirment vivre dans la peur, d'autres disent avoir vu leurs permis révoqués brutalement. Parmi eux, cet enseignant ghanéen installé depuis plusieurs années en Afrique du Sud, qui rejette les accusations d'immigration illégale.

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« Nous ne sommes pas des immigrés illégaux. Certains avaient un statut de résident permanent, qui leur a été retiré, raconte-t-il. D'autres avaient des permis de travail, renouvelés plusieurs fois, avant que les autorités sud-africaines ne disent soudain qu'ils étaient frauduleux. »

Des vies bouleversées par la xénophobie

À Pretoria, certains ressortissants ghanéens disent désormais éviter des quartiers sensibles de la ville et limiter leurs déplacements. « Certains d'entre nous n'osent même plus prendre le bus ou les taxis, témoigne une femme. Certains ont trop peur pour venir enregistrer leur nom. Quand les manifestations commencent, les taxis sont détournés ailleurs. Alors comment faire ? Quelles garanties de sécurité avons-nous ? »

À leur arrivée à Accra, les autorités ghanéennes ont promis une aide financière, un accompagnement psychologique ainsi qu'une assistance à la réinsertion professionnelle pour les Ghanéens rapatriés.

Mais derrière ces retours, beaucoup de ressortissants racontent surtout des vies bouleversées. « Personnellement, je suis prêt à rentrer au Ghana. Mais mes enfants sont ici, je ne peux pas les laisser derrière moi », s'inquiète-t-il.

Accra assure vouloir accompagner ses ressortissants de retour au pays. Mais pour beaucoup, ce départ ressemble moins à un retour volontaire qu'à une fuite face à un climat devenu intenable.

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