Au Sénégal, la crise politique au sommet de l'État a des répercussions financières. Le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko et l'absence d'un gouvernement ravivent la crainte des banques d'investissement d'un risque accru de défaut de paiement de sa dette extérieure. Un contexte qui met sous pression Bassirou Diomaye Faye alors que les consultations se poursuivent, depuis la nomination d'Ahmadou Ahminou Lo lundi, pour former rapidement un nouveau gouvernement.
L'analyse de l'agence de notation ivoirienne Bloomfield est sans appel. Évoquant dans un communiqué publié mardi « la détérioration récente de l'environnement politique » au Sénégal, l'institution financière évoque des risques de « paralysie dans le fonctionnement des institutions » dans un contexte de fortes contraintes financières, allusion à la dette publique de 132% du PIB.
« Les risques pesant sur la capacité de l'État à honorer dans les délais l'ensemble de ses engagements financiers se sont significativement renforcés », affirme encore l'agence financière. En clair, le risque de défaut de paiement de sa dette s'est renforcé pour le Sénégal.
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Dans ce contexte, le chef de l'État doit d'autant plus rapidement nommer un gouvernement et obtenir un soutien à l'Assemblée nationale pour donner des orientations économiques et financières claires. « Tout blocage serait fatal », assure un analyste financier. En jeu également, la reprise d'un éventuel programme avec le Fonds monétaire international, qui n'est possible que s'il y a une équipe gouvernementale en place. Des discussions techniques doivent reprendre du 8 au 12 juin.
Le Sénégal qui a d'énormes échéances financières qui l'attendent, à savoir décaisser 1 200 milliards de FCFA entre fin juin et juillet pour rembourser le service de sa dette. L'équivalent de trois mois de recettes budgétaires de l'État, selon la loi de finances de 2026.