Le fils du commandant de la gendarmerie tué en mai 2021 lors d'une tentative de coup d'État contre le président d'alors, Ange-Félix Patassé, demande des poursuites « contre François Bozizé avec tous ses complices ». François Nelson Ndjadder déplore : « À chaque régime qui se succède à la tête de la République centrafricaine, ses commanditaires et les assassins sont toujours protégés et les victimes sont abandonnées à leur propre sort. » Bozizé, actuellement en exil en Guinée-Bissau, était alors chef d'état-major, avant de diriger la RCA de 2003 à 2013.
Il y a 25 ans, dans la nuit du 27 au 28 mai 2001, le chef d'état-major centrafricain François Bozizé tentait de renverser le président Ange-Félix Patassé, sans succès. Ce putsch avorté a fait au moins une vingtaine de victimes et aucune procédure judiciaire n'a jamais abouti puisque François Bozizé est parvenu à ses fins en 2003. Le sujet a ensuite été enterré.
Mais certaines voix continuent de demander justice, comme celle de François Nelson Ndjadder. À l'époque, son père, le général François Ndjadder Bedaya, commandant de la gendarmerie, a été ciblé. Il est mort le 29 mai à l'hôpital.
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François Nelson Ndjadder souhaite des poursuites contre François Bozizé, qui vit en exil à Bissau, et accuse l'actuel président de la République centrafricaine (RCA), Faustin-Archange Touadéra, de couvrir certains exécutants toujours en activité dans l'armée centrafricaine.
« Protégés par le pouvoir en place »
« Nous exigeons juste la justice, souligne François Nelson Ndjadder au micro de François Mazet. Pas juste pour le général Ndjadder, mais pour toutes les victimes qui ont été assassinées à tort, que ce soient des personnalités politiques et que ce soit aussi du côté militaire, les officiers supérieurs de l'armée qui ont été assassinés à tort. Et à chaque fois, malheureusement, les assassins et les commanditaires de tous ces crimes sont aujourd'hui protégés par le pouvoir en place. Et à chaque régime qui se succèdent à la tête de la République centrafricaine, ses commanditaires et les assassins sont toujours protégés et les victimes sont abandonnées à leur propre sort ».
Interrogé sur sa volonté de voir François Bozizé et des officiers qui sont toujours en fonction aujourd'hui dans l'armée centrafricaine poursuivis, François Nelson Ndjadder répond : « Oui, contre François Bozizé avec tous ses complices. Et tous les droits du général qui ont été bloqués depuis des années doivent être payés à la famille et que la mort de tous nos parents, de toutes les victimes, doit être dédommagée, pour nous permettre de faire notre deuil. »
Après s'être emparé du pouvoir en 2003 par la force avant d'être renversé dix ans plus tard par des rebelles, l'ex-chef de l'État François Bozizé vit aujourd'hui en Guinée-Bissau. Il a fait l'objet de plusieurs poursuites et condamnations liées aux conflits centrafricains. Fin 2020 il a pris la tête d'une nouvelle coalition rebelle, la CPC, qui a échoué à renverser le président Touadéra.
Il a ensuite été visé par des sanctions de l'Organisation des Nations unies pour son rôle présumé dans l'instabilité et les violences armées. En 2023, la justice centrafricaine l'a condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour complot et atteinte à la sûreté de l'État. La même procédure l'a aussi reconnu coupable de rébellion et de participation à une insurrection armée liée à la coalition rebelle CPC.
Il est également poursuivi par la Cour pénale spéciale pour des violations des droits humains commises durant sa présidence. Bozizé rejette toutes ces accusations et affirme être victime d'une procédure politique.